Mark Zuckerberg: «Google, Yahoo! ou Microsoft possèdent également des informations sur vous»

WEB La vidéo de l'entretien d'une heure qu'a accordé le fondateur de Facebook au journaliste américain Charlie Rose, diffusé sur la chaîne américaine PBS lundi dernier, a été mise en ligne dans son intégralité. Ce qu'il faut retenir de cette interview exclusive...

Anaëlle Grondin

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Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, présente sa Timeline à San Francisco, en septembre 2011.
Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, présente sa Timeline à San Francisco, en septembre 2011. — Paul Sakuma/AP/SIPA

Mark Zuckerberg est d’ordinaire peu bavard. Il n’aime pas beaucoup les médias et n’accepte que peu d’interviews. Le patron de Facebook aurait-t-il décidé de changer de stratégie? L’Américain de 27 ans a accepté un entretien vidéo d’une heure avec le journaliste américain Charlie Rose, diffusé lundi sur la chaîne PBS. A ses côtés,  Sheryl Sandberg, directrice d’exploitation de sa société et ancienne salariée de Google, était également invitée à s’exprimer sur Facebook.  «20 Minutes» revient sur les moments-clés de l’interview.

La Chine n’est pas à l’ordre du jour
Facebook n’est pas pressé de s’implanter dans l’Empire du Milieu. «Pour le moment, il y a encore tellement d'espace pour se développer dans de nombreux autres pays que ce n'est tout simplement pas la première chose qui nous préoccupe», a déclaré Mark Zuckerberg à Charlie Rose. Toutefois, Sheryl Sandberg  a reconnu: «Notre mission est de connecter le monde entier (...), on ne peut pas connecter le monde entier et pas la Chine». Cette absence du marché chinois, en pleine expansion «n’est pas vraiment notre choix, c’est le choix du gouvernement. Nous n'y sommes pas accessibles parce qu'il a choisi que nous ne soyons pas disponibles», a-t-elle confié. Mark Zuckerberg  pense «qu’il y a une règle simple à suivre dans les affaires: ‘si vous faites les choses les plus faciles en premier, alors vous pourrez faire beaucoup de progrès ensuite’».

Les relations avec la concurrence
Google est présenté par Mark Zuckerberg comme l’entreprise la plus compétitive. L’ennemi numéro un de Facebook. Et pour cause, «il y a quelque chose qui s’appelle aujourd’hui Google +», glisse Charlie Rose. «Google essaye de construire sa propre petite version de Facebook», a lancé Mark Zuckerberg, qui ne semblait pas très inquiet par la présence sur le Web de ce réseau social, qui compte aujourd’hui 40 millions d’utilisateurs après cinq moins d’existence, selon Google.  Au contraire, l’ancien étudiant à Harvard explique discuter énormément avec Amazon et Apple, «des entreprises qui sont très alignées» avec Facebook, avec qui il souhaite multiplier les partenariats. «On se demande ce qu’on pourrait faire ensemble», a affirmé Mark Zuckerberg.

Steve Jobs
Le fondateur de Facebook a discuté plusieurs fois avec le cofondateur d’Apple, qu’il dit trouver «incroyable». Mark Zuckerberg s’était tourné plusieurs fois vers Steve Jobs ces dernières années pour obtenir des conseils: «Comment construire une équipe? Comment faire pour qu’une entreprise reste concentrée sur quelque chose en particulier sans s’éparpiller?» Les deux poids lourds de la Silicon Valley échangeaient également sur l’esthétique et le design. Après tout, Steve Jobs avait la même ambition que lui: changer le monde.

Vie privée
Facebook compte plus de 800 millions d’utilisateurs, qui partagent chaque jour énormément d’informations personnelles. Pour cette raison, la question de la vie privée est inévitable. Est-il prudent de s’inscrire sur le site, lorsque l’on sait qu’il collecte autant de données personnelles sur chacun de ses utilisateurs? Mark Zuckerberg a préféré montrer du doigt d’autres entreprises: «Si vous prenez des sociétés, comme Google, Yahoo! ou Microsoft, qui ont des moteurs de recherches (…) elles possèdent également un nombre important d’informations sur vous (…) C’est juste qu’elles les collectent dans votre dos… Mais vous ne le savez pas.»  Selon lui, Facebook a été diabolisé, mais il reconnaît que «les gens veulent plus de contrôle». Mark Zuckerberg précise que ce sera possible avec la Timeline qui doit arriver prochainement. «On pourra choisir a posteriori de changer les paramètres de confidentialité pour chaque publication, de déterminer à nouveau avec qui on souhaite les partager». A tester lors de son déploiement dans quelques semaines.

Musique et articles de presse en ligne
Après leurs activités et leurs passions, le fondateur de Facebook pense qu’en ce moment les gens ont envie de partager avec leurs amis «les chansons qu’ils écoutent et les articles de presse qu’ils lisent», d’où les dernières fonctionnalités ajoutées sur le site: le récent partenariat avec Spotify et l’application qui permet d’afficher sur son profil l’article de tel journal en ligne que l’utilisateur est en train de lire (un exemple ici). Pour lui «c’est le public qui est demandeur» de ces nouvelles fonctionnalités, qu’il compte développer encore plus l’année prochaine.

Pas de produits mais des partenariats
Facebook n’a pas l’intention de développer des jeux ni de construire quelque chose d’autre que le réseau social lui-même. Mark Zuckerberg veut se concentrer uniquement sur sa plateforme qui a l’ambition de «connecter entre eux le plus de monde possible». C’est pourquoi il passe son temps à nouer des partenariats. Le patron du réseau social estime que «la stratégie des grosses entreprises qui essaient de tout faire par elles-mêmes va être moins fructueuse» que celle adoptée par Facebook, qui souhaite devenir une référence dans le monde des réseaux sociaux «en intégrant des sociétés indépendantes qui se focalisent sur l’une ou l’autre chose qu’elles feront à merveille».