Décès de Steve Jobs: Qui sera à présent considéré comme LE visionnaire de la Silicon Valley?
HIGH TECH•D'autres chefs d'entreprise américains contribuent aussi à «changer le monde» à leur manière...A.G.
Les hommages qui pleuvent depuis l’annonce, dans la nuit de mercredi à jeudi, du décès de Steve Jobs, le cofondateur d’Apple, ont un point commun: le monde entier salue le «visionnaire» qu’il était et s'interroge aussi sur les personnalités qui pourraient prendre sa place de gourou de la Silicon Valley.
>> Steve Jobs, l’homme visionnaire qui voulait changer le monde (et qui a réussi)
Si Steve Jobs reste une référence en la matière cette décennie, d’autres chefs d’entreprise peuvent lui succéder au titre de génie visionnaire pour ce que sa société a apporté au public. C’est naturellement le cas de Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. Au tout début de l’aventure, en 2004, son réseau social n’était ouvert qu’aux étudiants de son université, Harvard. Aujourd’hui, il a été adopté par plus de 800 millions d’utilisateurs dans le monde. Les chiffres donnés par l’entreprise fin 2010 sont impressionnants: environ 1 million de liens étaient partagés toutes les vingt minutes, de même que plus de 10 millions de commentaires et 4,6 millions de messages.
Autre candidat, Larry Page, créateur du moteur de recherche Google en 1998, aujourd’hui l’une des premières entreprises américaines et mondiales pour sa valorisation boursière (malgré les flops dans les médias sociaux, comme Google Buzz et Wave). Qui n’a jamais utilisé Google pour faire une recherche sur le Web? Pour le site spécialisé Mashable c’est une bonne chose qu’il ait pris la tête de la société en avril dernier, à la place d’Eric Schmidt, qui n’a pas du tout la même sensibilité, précisant que Larry Page est très certainement le PDG visionnaire qu’il faut avoir pour que le moteur de recherche ne se laisse pas écraser par Facebook. «Google a besoin de son propre Steve Jobs et espère que Larry Page est cet homme», écrivait Ben Parr en janvier dernier.
Le PDG de Netflix, Reed Hastings, fait également partie de ces visionnaires qui officient sur la côte ouest. Le magazine Fortune le souligne, après l’avoir nommé «homme d’affaire de l’année en 2010». Netflix, le loueur de DVD par la poste qui possède aussi un service de vidéos en ligne, connaît un succès qui ne se dément pas, avec près de 25 millions d’abonnés en moins de dix ans d’existence. Les Américains et les Canadiens en raffolent. Au Canada justement, l’arrivée du site aurait même fait décliner le célèbre BitTorrent, selon Ted Sarandos, directeur des contenus de Netflix. Qui l’aurait cru au départ? Selon Ecrans.fr, l’entreprise a même pour objectif d’ici la fin de l’année de s’installer dans plus de 40 pays.
Lorsque l’on aborde le sujet des visionnaires, comment ne pas penser non plus à celui qui a créé Groupon, Andrew Mason? Ce dernier ne figure pas dans le classement «New Establishment» de Vanity Fair de cette année, et pourtant Groupon est le pionnier des sites de commerce électronique basés sur le concept d’achat groupé. Il a été lancé il y a trois ans et en août 2010, Forbes parlait de la société comme «l’entreprise qui connaît la croissance la plus fulgurante dans l’histoire du Web». Selon le Wall Street Journal, le chiffre d’affaires de la société a atteint 760 millions de dollars l’an dernier contre 33 millions de dollars en 2009.
Pour autant, l’idée que l’une de ces personnalités prenne cette place de grand gourou laisse certains experts sceptiques. C’est notamment le cas de Daniel Ichbiah. Contacté par 20Minutes, l’écrivain français qui a rédigé un livre sur le fondateur d’Apple souligne: «Dans les patrons, je ne vois personne pour lui succéder car Steve Jobs était plus qu’un patron: un véritable directeur artistique qui travaillait comme un fou pour avoir des produits d’une beauté incroyable, un sens du détail, des finitions, uniques au monde.» Pour lui, il faudrait surtout «quelqu’un capable d’imposer sa vision envers et contre tous. Car Steve Jobs a souvent pris ses décisions en opposition à son Conseil d’administration plus conservateur.»



















