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Rencontre avec le père du «doom-like»

Rencontre avec le père du «doom-like»

JEU VIDEOJohn Carmack, le programmateur star, prépare «Rage», un jeu où le sang coule à flots...
Philippe Berry, envoyé spécial à Dallas

Philippe Berry, envoyé spécial à Dallas

John Carmack avait 21 ans quand il a donné une autre dimension au jeu vidéo. En simulant par un tour de passe-passe des couloirs en 3D, il a, avec son camarade John Romero, inventé le jeu de tir en vue subjective, plaçant comme jamais le joueur au cœur de l'action.

Que serait le jeu vidéo sans «Catacomb 3D», «Wolfenstein 3D»,  Doom» et «Quake»? Vingt ans après, le père du «doom-like» va défier sa progéniture avec le shooter post-apocalyptique «Rage», premier titre d'Id Software à exploiter le nouveau moteur 3D construit par ses soins. A découvrir très bientôt, le 7 octobre.

Un monde à part

«Quand on voit les monstres tout plats de “Doom”, qui ne pouvaient bouger que dans huit directions, cela fait sourire. Mais, à l'époque, c'était une révolution», confie-t-il. D'année en année, John Carmack se bat toujours contre les limitations de la machine: «On a tenu à ce que “Rage” tourne en 60 images/seconde, pour une fluidité et une précision maximales. Sur les consoles, qui ont 20% de la puissance des PC récents, ce fut un casse-tête.»

S'il trouve la PS3 et la XBOX 360 «limitantes», il se montre pragmatique. «Le jeu vidéo touche des centaines de millions de joueurs. Il n'y a jamais eu autant de titres de qualité.» Lui ne joue plus, ou peu, «à la Wii ou à la DS» avec son fils de 6 ans. Il vit dans un monde à part, fait de lignes de code et de formules mathématiques.

Mais avec «Rage», il brouille la ligne entre la technique brute et l'art. Grâce à son nouveau moteur 3D, il s'éloigne des textures répétitives dupliquées à l'infini. Il a peint son monde touche à touche, tel un Michel-Ange de la Matrice.

Où va la 3D? Il hésite, digresse: «Quand on lisait le Neuromancien ou Snow Crash [pierres angulaires de la littérature cyberpunk] on était persuadé qu'on vivrait immergé dans des univers virtuels. Des expériences sans but à la “Second Life” ont montré leurs limites. Il leur manque un élément majeur: le fun.» Du sang, oui, mais aussi du second degré!

Au choix: tripes, sang, tête en stock

C'est assuré, «Rage» portera bien son nom. Griffonné sur un coin de tableau blanc, on peut lire: «Options de gore:1. Sang 2. Décapitation 3. Tripes et boyaux». Pas de doute, «Rage» est bien le fils de son père, le fameux «Doom».Bon sang (qui gicle partout) ne saurait mentir.