RankMyHack.com: Les hackers fanfaronnent sur la Toile
INTERNET•Sur ce nouveau site Web, des hackers du monde entier se lancent des défis et crânent en montrant leurs talents...Anaëlle Grondin
Le site Internet RankMyHack.com a des allures de jeu vidéo. Sur la page d’accueil figurent des pseudonymes, des scores et même plusieurs classements. A ce jour, un peu plus de 700 utilisateurs en ont fait un terrain de jeu. Une initiative qui va rapidement déplaire aux autorités en guerre contre les pirates informatiques.
Car derrière les noms «Mudkip», «03storic» ou encore «blackfan» se cachent des hackers. Et pas des moindres. Le premier affirme avoir piraté le Huffington Post et le dernier se targue d’avoir piégé la version mobile de Google.com. Des exploits qui leur ont valu respectivement 1.666.666 et 1.500.000 points sur le site. Des records. Le principe de RankMyHack (littéralement: «Classe mon piratage») est clair: «Envoyez-les preuves que vous avez hacké un site Web en échange de points qui vous permettront d’avoir une place dans le classement des légendes. Plus le site est important, plus il y a de points à gagner», peut-on lire sur la page principale du site. Un mode duel a également été mis en place: deux joueurs doivent s’introduire sur le plus grand nombre de sites Internet en un temps donné. Enfin, des bonus sont accordés lorsque les pirates s’attaquent à des sites en .edu ou .gov. RankMyHack donne ainsi un côté très ludique au piratage.
Plus de 1.200 sites piratés érigés en trophées
A ce jour, il a été prouvé que plus de 1.200 sites ont été victimes de ces pirates qui aiment fanfaronner auprès de leurs pairs. Pour ce faire, un texte bien précis a été inséré sur les pages Web piratées, selon SecurityWeek.com. Parmi eux: Mozilla.org, Monster.com, Baidu.com, LinkedIn.com, Microsoft.com, LATimes.com ou encore Flickr.com. Un moteur de recherche, sur la page principale de RankMyHack, permet de savoir combien de points vaut le piratage d’un site lorsqu’on entre son URL. Avec le piratage du très populaire Huffington Post, «Mudkip», qui a aussi hacké d’autres sites (Free.fr, Java.com), est premier au classement général.
D’après le New York Times, RankMyHack a été créé par un hacker qui se fait appeler «Solar». C’est une manière de séparer ceux qui ont un véritable savoir-faire dans ce domaine de ceux qui se contentent de «bidouiller», selon lui. Si des bonus sont accordés pour le piratage de sites gouvernementaux, militaires ou universitaires, ce n’est pas un hasard. «Solar», qui n’a donné ni son vrai nom ni son âge, explique au journal américain qu’il voulait pousser «les hackers talentueux» à utiliser leurs compétences «contre les forces politiques». Toutefois, il précise un peu plus tard que ceux-ci n’avaient pas besoin de rendre les sites inaccessibles ou de causer des dégâts pour prouver qu’ils l’avaient infiltré.
Des tutoriels et outils pour pirater répertoriés
Avec ce nouveau site Internet qui pousse sans cesse à la compétition et qui propose également des tutoriels et outils, les hackers vont certainement aiguiser leurs aptitudes de manière très rapide et pourquoi pas être recrutés pour leurs compétences s’ils se retrouvent en haut du classement. Un cauchemar pour ceux qui luttent contre la cybercriminalité. Toutefois, Holt Sorenson, spécialiste de la sécurité, pense que RankMyHack pourrait être utile aux autorités. Interrogé par le New York Times, il affirme: «Pouvoir vérifier si une personne a compromis un système, c’est le rêve de ceux qui sont chargés de faire respecter la loi».



















