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La violence dans les jeux vidéo protégée par la liberté d'expression

La violence dans les jeux vidéo protégée par la liberté d'expression

CULTURELa Cour suprême américaine a tranché en faveur de l'industrie...
Philippe Berry

Philippe Berry

De notre correspondant à Los Angeles

Voilà qui ne va pas plaire à Nadine Morano: dans une décision très attendue, la Cour suprême américaine a défendu les jeux vidéo violents, dont la Californie voulait restreindre les ventes aux mineurs. Par 7 voix contre 2, la plus haute instance judiciaire américaine a conclu que le jeu vidéo tombait sous la protection de la liberté d'expression du premier amendement, tout comme les livres et les films.

Une loi californienne de 2005 voulait en effet interdire la vente de jeux violents aux mineurs, et même en faire un délit. Auraient été concernés les jeux dans lesquels on peut «tuer, mutiler, démembrer ou attaquer sexuellement une représentation d'un être humain.»

De Dante à Mortal Kombat

D'abord, la Cour suprême a reproché à cette définition d'être «trop vague». Surtout, ses membres ont dans leur ensemble rejeté l'idée que les jeux violents rendent les enfants violents. «L'argumentaire et les études présentées par l'Etat californien affirmant que l'exposition à des jeux interactifs représente un problème à part ne sont pas convaincants», indique la décision.

«La Divine comédie ou Les contes de Grimm décrivent des scènes violentes et leur vente n'a jamais été limitée. Lire Dante est incontestablement plus épanouissant culturellement que de jouer à Mortal Kombat, mais ces différentes culturelles ne sont pas constitutionnelles», écrit le juge Scalia.

Au final, la Cour estime que le système actuel de classification mis en place par l'industrie en 1994 après le débat créé par le réalisme du jeu de tir Doom est suffisant en donnant une indication aux parents. De nombreuses boutiques américaines limitent déjà la vente des titres étiquetés «mature» (déconseillé au moins de 17 ans, comme GTA) aux enfants de moins de 14 ans non accompagnés. Il existe également une classification «adulte», qui n'a été attribuée qu'une vingtaine de fois, réservée à des jeux pornographiques ou extrêmement violents, comme la version PC de Manhunt 2.