Un portique pour prédire les actes terroristes testé dans des aéroports américains

SECURITE Mais les scientifiques sont divisés sur son efficacité...

Philippe Berry

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Un «precog», dans le film «Minority Report».
Un «precog», dans le film «Minority Report». — DR

De notre correspondant à Los Angeles

Peut-on identifier un terroriste avant qu'il ne passe à l'acte? Un battement de coeur, un clignement d’œil ou un front humide peuvent-il trahir l'intention de nuire? Depuis des années, experts en biométrie et neurologues débattent. Malgré l'absence d'un consensus, le département américain pour la sécurité intérieure teste pourtant, dans des aéroports tenus secrets, un système baptisé Future Attribute Screening Technology (FAST), révèle Nature.

Malgré l'illustration présente dans cet article, on se trouve loin du film Minority Report. Ici, point de «precogs» immergés prédisant le futur. L'approche est également différente du logiciel «prédictif» testé par la police pour anticiper les événements futurs à risques en se basant sur des données passées. FAST se rapproche davantage du détecteur de mensonges, à une différence près: pas besoin d'un contact entre le corps humain et un capteur.

70% de succès en laboratoire

Les passagers passent dans un portique proche des scanners corporels, qui analyse différents paramètres biométriques (rythme cardiaque, regard fixe ou fuyant etc). Un moyen de repérer les personnes suspectes, qui peuvent ensuite être interrogées par du personnel entraîné.

Ce genre de tests, tout comme celui utilisé par la justice américaine pour détecter les psychopathes, se heurte en général à deux problèmes: les faux positifs (sur le principe du syndrome de la blouse blanche, le rythme cardiaque de nombreuses personnes grimpe naturellement en passant sous un portique ou en déposant ses empreintes digitales) et ceux qui passent au travers des mailles.

En laboratoire, les scientifiques ont atteint un taux de réussite de 70%, affirment-ils. Mais certains, comme Steven Aftergood, de la Federation of American Scientists, relèvent avec justesse qu'un test avec des acteurs livre assez peu d'enseignements. Selon lui «le concept d'une signature physiologique unique précédent un acte malveillant n'a pas été prouvé».