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L'Hadopi mesure ses premiers effets

L'Hadopi mesure ses premiers effets

INTERNETLa Haute autorité a dévoilé mardi la deuxième vague de son étude sur la pratique et la perception des Français en matière de consommation illégale de biens culturels...
Sandrine Cochard

Sandrine Cochard

Six mois après l’envoi des premiers mails d’avertissement aux internautes épinglés en flagrant délit de téléchargement illégal, l’Hadopi mesure ses premiers effets. La Haute autorité a dévoilé mardi la deuxième vague de son étude sur la pratique et la perception des Français en matière de consommation illégale de biens culturels. Une étude qui tombe à pic. Prévue de longue date juste avant le Festival de Cannes, sa publication arrive dix jours après le désaveu public de Nicolas Sarkozy à son encontre, lors de l’installation du Conseil national du numérique, le 27 avril dernier.

«Une bonne initiative» pour un internaute sur deux

Comme une réponse au chef de l’Etat, qui avait alors évoqué une «erreur» et des malentendus au moment du lancement d’Hadopi, le ministre de la Culture et de la Communication, Frédéric Mitterrand, est venu appuyer la présentation de cette deuxième vague d’étude de sa présence –très courte- et réitérer son soutien et sa confiance à la Haute autorité pour la diffusion et la protection des œuvres sur Internet.

Selon l’étude dévoilée mardi, l’effet-Hadopi commence à se faire sentir. «Un internaute sur deux considère que la « mise en place de l’Hadopi est une bonne initiative», affirme l’étude qui a sondé 1.500 internautes durant le mois d’avril. Cette adhésion concerne davantage les femmes (54% vs 50% en moyenne) et les CSP- (56%). En revanche, près d’un tiers des internautes ne se prononcent pas.

Peur du gendarme

L’envoi des premiers mails d’avertissement, le 1er octobre dernier, aurait activé la peur du gendarme. Sur les 7% des internautes ayant été concerné par ces mails directement ou indirectement (soit qu’eux-mêmes ou un membre de leur entourage a reçu une recommandation de l’Hadopi), 50% affirment avoir arrêté leur «comportement illégal» et 22% reconnaissent agir avec davantage de modération.

Toutefois, l’étude ne précise pas à quel secteur profite cette modification (musique, cinéma, livre?), pas plus qu’elle ne la quantifie d’ailleurs (la modification des comportements est-elle une réduction des fichiers téléchargés? Des sites illégaux visités? S’agit-il d’une nouvelle façon de chercher des contenus illégaux?). A noter également: 25% des internautes ayant reçu un avertissement (ou un de leurs proches) n’ont pas changé leurs habitudes.

«Hadopi n’est pas une réforme facile mais juste. Le temps du statu quo est révolu», a prévenu Marie-Françoise Marais. La présidente de l’Hadopi a toutefois rappelé que «le but de l’institution n’était pas de réprimer mais d’expliquer». «Depuis le début, nous considérons que la riposte graduée est un processus de pédagogie et de responsabilisation», a-t-elle rappelé. De son côté, Frédéric Mitterrand –qui a donné un discours éclair de quelques minutes- compte sur cette pédagogie pour qu’au final, aucun internaute ne soit envoyé devant le tribunal. Et renvoie à la rentrée pour faire le point sur les chiffres de l’Hadopi –qui refuse toujours, pour l’instant, de communiquer le nombre de mails d’avertissement envoyés- et sur une éventuelle extension de son domaine de compétence.