Le nouveau souffle des robots aspirateurs

TECHNOLOGIE A la maison, les Français vident leur sac...

Christophe Séfrin

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Les chiffres diffèrent d'un constructeur à l'autre: 80.000 d'un côté, 100.000 de l'autre. Une chose est sûre, les ventes d'aspirateurs robots en 2010 ont été explosives. «Depuis 2006, elles ont été multipliées par cent», s'enthousiasme Bruno Bonnell, président de Robopolis et distributeur en France de Roomba, un robot aspirateur au succès fracassant (de 299 € à 579 € selon le modèle). Historiquement, c'est la firme suédoise Electrolux qui fut la première à lancer son robot aspirateur, le Tribolite, en 2002. L'appareil coûtait 1.600 €. «Une usine à gaz, avec l'intelligence d'un oursin», tacle Bruno Bonnel. C'est finalement l'américain iRobot qui réussit à imposer son Roomba.

Des finitions à effectuer

Face au succès, la concurrence s'excite: Samsung, LG, Philips, Karcher… même Carrefour ont leur modèle. De quoi envoyer les femmes de ménage à Pôle emploi? Pas encore. «Ces appareils ne dispensent pas leurs utilisateurs de passer une fois de temps en temps un coup d'aspirateur classique », explique Philippe Reverseau, directeur de la division blanc chez Samsung France. «Il y a des finitions à effectuer en complément, dans des coins inaccessibles», indique aussi Bruno Bonnell.

Reste une certitude: la vocation de ces engins à l'allure de gros frisbees est d'être utilisée tous les jours en notre absence. Avalant la poussière et les poils d'animaux grâce à ses petites brosses latérales, se rechargeant automatiquement sur leur base quand nécessaire et repartant comme des grands au charbon, on peut même les programmer et leur interdire certaines pièces avec des « murs virtuels », sortes de petits plots que l'aspirateur reconnaîtra.

Clients potentiels: «Le célibataire est un bon candidat», note-t-on chez Samsung. «Les familles soucieuses de leur modernité aussi», complète le patron de Robopolis. En 2011, les ventes d'aspirateurs robots dans l'Hexagone devraient être multipliées par deux.

Futurama

Dans un avenir proche, les robots aspirateurs devraient incorporer des systèmes de purification d'air, voire de désinfection, disposer de plus d'autonomie (2h actuellement), mais aussi de réservoirs de plus grande capacité. Ils devraient également être capables de s'auto-vider dans un bac dédié. Mais selon les experts, «il se passera encore pas mal d'années avant qu'ils puissent monter les escaliers».