Wikileaks : entre guerre des hackers, censure et espionnage
Surprise, surprise: WikiLeaks continue de faire les gros titres de la presse ce week-end, avec notamment: la vieille garde du magazine 2600 qui condamne les apprentis pirates en culottes courtes d’Anon, un employé de la sécurité intérieure amé...Gizmodo.fr en partenariat avec 20minutes.fr
Surprise, surprise: WikiLeaks continue de faire les gros titres de la presse ce week-end, avec notamment:
- la vieille garde du magazine 2600 qui condamne les apprentis pirates en culottes courtes d’Anon,
- un employé de la sécurité intérieure américaine qui proteste contre la censure,
- Julian Assange menacé de poursuites pour espionnage aux États-Unis.
2600 vs. Anonymous
S’il y a bien des gars qui s’y connaissent en piratage, c’est l’équipe de 2600: The Hacker Quarterly. Et pas seulement parce qu’il y a hacker dans leur nom. 2600 est en quelque sorte le Conseil des Jedi du piratage, un groupe des sages. C’est l’antithèse absolue des script kiddies décrits comme des hackers de nos jours. Ils hackent par principe. Et ils hackent bien. Hackement bien, même. Ils hackent depuis longtemps et connaissent toutes les fréquences et toutes les ficelles. Donc lorsqu’ils critiquent les attaques d’Anonymous, cela fait du bruit.
2600 a publié une déclaration condamnant les attaques DDoS, expliquant que ces attaques par déni de service distribué desservaient plus Wikileaks qu’autre chose: “cela apportera de l’eau au moulin de ceux qui veulent tous nous cataloguer comme des menaces pour museler la liberté d’expression et imposer toutes sortes de restrictions sur l’Internet.” Ils ont sacrément raison: le grand public n’a aucune idée de ce que peut bien être une fichue attaque par déni de service distribué. Des quoi? Des nids de service? Ah bon? Et ça sert à quoi? Pourquoi ils distribuent des nids?
Et 2600 d’enfoncer le clou en ajoutant: “cela n’aide certainement pas Wikileaks d’être associé avec des activités aussi puériles et grossières, pas plus que cela n’aide la communauté des hackers“. Autrement dit: les gamins, arrêtez de faire les gamins.
Un employé du Homeland Security explique le gouvernement américain se tire une balle dans le pied avec la censure
Un employé anonyme (non, rien à voir avec le groupe d’anonymes cité précédemment) du Department of Homeland Security considère que son employeur ne devrait pas censurer les accès des fonctionnaires américains aux documents de Wikileaks: “ma grand-mère pourrait avoir accès aux câbles, mais pas moi. C’est absurde.”
Sa critique est fondée et pertinente : il explique que ne pas connaitre le contenu de documents Wikileaks dont ont pu prendre connaissance les gouvernements de pays étrangers nuit directement à l’intérêt américain. Les émissaires des autres pays seront en possession d’informations émanant du gouvernement américain que les employés américains ne connaitront pas.
Maintenir les fonctionnaires américains dans l’ignorance des contenus publiés par Wikileaks est au mieux un déséquilibre dans l’accès à l’information, au pire un véritable handicap, notamment dans les négociations diplomatiques qui sont de véritables parties marathon de poker menteur.
L’avocat de Julian Assange affirme que les Etats-Unis veulent poursuivre son client pour espionnage
La situation déjà peu enviable de Julian Assange pourrait bien encore empirer. Que pourrait-il lui arriver de pire que d’être inquiété dans des affaires d’agressions sexuelles présumées en Suède? Oh, des poursuites américaines pour espionnage par exemple.
L’avocat de Julian Assange a indiqué que les mises en accusation seraient imminentes au titre de l’Espionage Act américian. Mauvaise nouvelle. Reste à savoir si cette accusation s’accompagnerait d’une procédure d’extradition.



















