Windows Phone 7: Lancement sous pression

REPORTAGE Au QG de Microsoft, personne ne le cache: l'entreprise joue gros avec le lancement de son nouveau système d'exploitation mobile...

Philippe Berry

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L'écran d'accueil de Windows Phone 7
L'écran d'accueil de Windows Phone 7 — P.BERRY/20MINUTES

De notre envoyé spécial à Redmond

«Merci de ne pas tweeter.» «Non, ça, vous ne pouvez pas le photographier.» «J'ai un téléphone en version finale dans ma poche, mais je ne peux pas vous le montrer.» A l'approche du lancement des premiers mobiles sous Windows Phone 7, le campus de Microsoft s'est transformé en prison de haute sécurité lundi et mardi lors de la visite de 20minutes.fr –les gardes en moins, les attachés de presse en plus.

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Microsoft joue une partie de son avenir avec son dernier bébé. D'abord le marché des smartphones devrait dépasser (en unités) celui des PC d'ici deux ans. Surtout, les appareils sous Windows Mobile n'ont représenté que 5% des ventes au 2e trimestre 2010.

Mobilisation générale

Le patron de l'entreprise, Steve Ballmer, a fini par le reconnaître fin 2009: avec Windows Mobile, Microsoft a «merdé» et «raté un cycle». La firme est désormais «le n°5» des OS mobiles (derrière Nokia/Symbian, RIM/Blackberry, Android et Apple).

Conséquence, il y a 18 mois, Microsoft a pressé le bouton «reset», explique Todd Peters, l'un des directeurs marketing du groupe. Développement repris à zéro, remaniement des équipes, ajout de quelques éléments venus de l'extérieur (comme Achim Berg, un ex-Deutsche Telekom)... «Je n'avais jamais vu une telle mobilisation chez Microsoft», confie à 20minutes.fr Darren Layborn, responsable de l'équipe qui torture les portables soumis par les partenaires de Microsoft avant leur commercialisation.

«Etre Apple et Google»

Darren Layborn présente son royaume. Ici, une salle sur-climatisée, remplie de centaines de serveurs. «Des machines virtuelles qui permettent de simuler jusqu'à huit téléphones afin de tester notre code source», explique-t-il. Là, un étrange de robot. C'est sûr, il va écraser le téléphone. Mais non, il l'effleure délicatement, pour tester la qualité de l'écran tactile. Plus loin, un autre mobile se fait secouer par quatre vérins. «Il nous faut trois jours et 185 tests avant de certifier un modèle soumis par un partenaire», précise à 20minutes.fr Ke Xue, à la tête du programme de vérification.

Microsoft ne veut en effet pas reproduire ses erreurs passées. Cette fois, l'entreprise impose à ses partenaires un cahier des charges strict: résolution de l'écran fixe, vitesse minimum du processeur, présence obligatoire des trois boutons de navigation (menu, précédent, rechercher), interdiction de modifier l'OS... «Nous voulons garantir un produit optimal à l'utilisateur. Nous situer entre Apple et Google: travailler avec différents partenaires et mais uniformiser l'expérience», résume Todd Peters.

Que fera Microsoft en cas d'échec? «Ça va marcher. Ça va marcher», répète Achim Berg avec le sourire. Il n'a peut-être pas tort.