Henry Seydoux: «On a voulu faire quelque chose qui vole, un peu comme un insecte»

INTERVIEW Retour avec le patron de Parrot sur cette folle idée de lancer l'AR Drone, un drone pilotable par iPhone, qui sera lancé en France le 18 août...

Propos receuillis par Capucine Cousin

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20minutes.fr a testé le drône pilotable à distance par un iPhone.
20minutes.fr a testé le drône pilotable à distance par un iPhone. — 20minutes

Un hélicoptère à quatre hélices piloté par iPhone ou par iPod Touch, qui sera lancé en France le 18 août, étant commercialisé dans les Fnac pour 299 euros, et en septembre aux Etats-Unis. Une prouesse technologique qui fait beaucoup parler d'elle, et est plutôt bluffante en images.

Car l'une des innovations du drone réside dans son recours à une «appli iPhone» dite de réalité augmentée: les images prises à l'aide d'une caméra sont enrichies d'informations complémentaires - le système de pilotage sur l'écran tactile de l'iPhone et les images vidéo vues par la caméra du drone.

Elle ouvre aussi pour la PME française des perspectives prometteuses: en co-création de jeux, en commercialisation d’accessoires… Sans compter que l’iPad pourra lui aussi servir de télécommande, a glissé Henry Seydoux. Entretien…
 
Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de créer ce drone?
Parrot travaille sur tous les usages du téléphone mobile: on a élaboré des enceintes sans-fil, des kits mains libres pour téléphones mobiles, des cadres photos sans fil… Là, on a voulu s’intéresser à l’univers des jeux vidéos. Et puis, il y a un côté rêve de gosse, à proposer un hélico piloté à distance! On a voulu faire quelque chose qui vole, un peu comme un insecte.
 
 
Combien vous a coûté l’élaboration d’un tel joujou high-tech?

No comment sur les chiffres… En tous cas, cela nous a demandé quatre ans de travail. Et c’est avant tout un concept technique: le drone est protégé par une vingtaine de brevets. De manière générale, sur nos 450 salariés, 200 sont ingénieurs, et on investit en moyenne 20 millions d’euros par an en recherche – développement.
 
C’est plus qu’un jouet, vous avez voulu développer un écosystème avec?
Oui, il y a tout un écosystème autour: nous construisons le drone, auquel se greffe un téléphone construit par Apple, et des jeux vidéos proposés sur l’AppStore, développés soit par des sociétés partenaires, soit par des développeurs de jeux vidéos. Nous avons ouvert en partie notre SDK (kit de développement, ndlr) pour qu’ils conçoivent des jeux vidéos compatibles avec l’AR Drone. Ils peuvent ensuite les déposer sur l’AppStore d’Apple.
 
 
Pour l’instant, le drone sert juste à jouer, et à filmer des images à distance? Vous imaginez des usages pour les professionnels, par exemple pour le cinéma?
Non, c’est avant tout un objet ludique, qui n’est pas destiné aux entreprises. Et contrairement à ce que l’on dit souvent, je ne pense pas qu’il pourra être utilisé pour espionner ses voisins, ne fut-ce qu’à cause du bruit qu’il fait!