Les jeux sur mobiles boudés à l'E3
JEU VIDEO•Ce secteur connaît pourtant une croissance importante...Philippe Berry
De notre envoyé spécial
C'était le (petit) éléphant absent de la pièce. Dans les allées du Convention Center de Los Angeles, à l'occasion du salon dédié au jeu vidéo de l'E3, vous aviez plus de chances de voir une fille siliconée qu'un smart phone sur les stands des éditeurs.
>> Toute l'actualité de l'E3 sur le blog de nos envoyés spéciaux
Parmi les grands studios, Konami était l'un des rares à montrer son Metal Gear Solid Touch sur l'iPad. Chez Capcom, qui a adapté une quinzaine de titres sur mobiles, dont ses blockbusters Resident Evil 4 et Street Fighter 4, nada. Pareil chez Square-Enix, malgré l'annonce de l'arrivée d'un remake Final Fantasy Tactics sur l'iPhone (après Final Fantasy I et II) en septembre prochain. Idem chez EA, qui a pourtant vendu Madden 2010 comme des petits pains sur le portable d'Apple.
Les éditeurs avaient-ils peur de s'attirer les foudres de Sony ou Nintendo, qui voient dans le développement du jeu sur smart phones un concurrent pour la DS et la PSP? Andrew House, patron de Sony Computer Entertainment Europe, s'en défend, estimant que «les jeux sur consoles portables restent plus longs et plus évolués que ceux sur mobiles», de facto destinés à «un public différent». Du côté de Nintendo France, son directeur marketing, Mathieu Minel, juge que la concurrence, «c'est tout le divertissement en général, et pas spécialement Apple et les mobiles.»
Gameloft bien là, mais l'écart
A Los Angeles, l'un des leaders mondiaux du jeu mobile était pourtant là. Les Français de Gameloft, l'entreprise fondée par Michel Guillemot (dont le frère, Yves, est PDG d'Ubisoft) avaient garé une limousine juste devant le Convention Center. «C'était moins cher et cela a permis de nous faire davantage remarquer», explique un porte-parole.
Ce qui se remarque, c'est surtout le bon graphique des jeux sur mobiles. On trouve, certes, de nombreux titres casual, au look cartoon, développé par une ou deux personnes et vendus 99 cents. Mais chez Gameloft, Spiderman Total Mayhem, Dungeon Hunter II, Splinter Cell Conviction, tous prévus pour les prochains mois, n'ont rien à envier aux blockbusters de la PSP. Dans Dungeon Hunter HD, sur iPad, ou Read Racing HD, de Firemint, on se situe même au niveau du niveau graphique d'une Playstation2.
Apple a changé la donne. Les ventes sur iPhone et iPad ont représenté 21% des bénéfices de Gameloft au dernier trimestre. Du coup, les budgets et les durées de développement s'allongent. «Entre 9 et 12 mois sur iPhone, et trois de plus pour l'iPad», détaille l'entreprise. De quoi justifier un prix de vente souvent situé entre 5 et 7 euros, ou même plus de 10 pour le Chaos Ring de Square-Enix, un blockbuster de RPG sorti exclusivement sur l'iPhone.
Sony a peut-être tort de minimiser –au moins officiellement– l'explosion de ce secteur. Tiré par Apple, ce marché pourrait atteindre 11,4 milliards de dollars (9 milliards d'euros) en 2014, selon un étude du cabinet DFC.
Jouez-vous sur votre smart phone? Uniquement à des «petits» jeu casual, ou également à des titres plus avancés?


















