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Y a–t-il vraiment une cible pour les produits high-tech girly?

Y a–t-il vraiment une cible pour les produits high-tech girly?

MARKETINGLes marques tentent de segmenter le marché des produits high tech et de créer un marché girly. Elles trouvent même pour relais des soirées dédiées. Ca marche ou c'est déjà ringard?...
Capucine Cousin

Capucine Cousin

Paris, mardi soir, sous les lambris d’un immeuble haussmannien avenue Marceau, à deux pas des Champs-Elysées. 200 jeunes femmes fourmillent dans les salons réservés pour l’occasion, pour la troisième édition de la Girls Geek Party. Kesako?

Elles se connaissent souvent par la blogosphère, Twitter ou Facebook. Durant toute la soirée, elles font joujou avec des produits high-tech gracieusement mis à leur disposition par quelques marques partenaires pour la soirée. Sans oublier d’aller faire un tour dans le boudoir où elles peuvent se faire maquiller ou vernir les ongles – logique, c’est une soirée girly.

A quoi ça sert une soirée geek–girly ?

Justement, les soirées geek réservées à la gent féminine ont tendance à se multiplier: il y a aussi les Paris girl geek dinners, les wi-filles parties (admirez le jeu de mots)… Elles permettent aux femmes de réseauter. Et de tester des nouveaux produits high-tech. On comprend le vif intérêt des marques. Surtout si les blogueuses en parlent dans leurs billets le lendemain…

Quelle cible?

A la Girls Geek Party, «j’ai choisi des produits que l’ont utilise au quotidien chez soi, ou que l’on peut glisser dans un sac à mains», explique Sandrine Camus, fondatrice du blog Gamon Girls, et donc de ces soirées.

Les produits qu’elle a retenus? Ceux de la marque Samsung sont prédominants (avec un modèle de télé 3D, parce que «beaucoup de filles n’en n’avaient jamais vu en vrai», des aspirateurs-robots), des caméras Flip, des smartphones Blackberry…

Créer un marché de produits high-tech girly

Voilà qui risque de faire bisquer les féministes. On croyait les campagnes de pub visant exclusivement une cible masculine ou féminine tombée en désuétudes au nom du principe d'égalité ou de modernité. Elles ne subsistaient plus, croyait-on, que dans le domaine austère et laborieux des produits d'entretien, du maquillage... Et non. La high-tech est aussi concernée.

En jargon marketing, on parle d’un segment de marché. C’est l’idéal des marques: trouver de nouvelles cibles de consommateurs. Et miracle, dans le courant des années 2000, elles en ont trouvé une nouvelle: les filles.

Rappelez-vous, ce fut l’affluence de produits aux habillages roses. En 2006, «des marques comme Sony ou Motorola ont dégainé des produits roses, bleus, ou blancs et dorés, et du côté des accessoires, des chaînettes, ou encore des oreillettes bleues ou roses», se rappelle Fanny Bouton, organisatrice des Fanny's Party et consultante en nouvelles technos.

Un peu plus tard ont débarqué les premiers modèles de téléphones mobiles co-brandés. «On a lancé des téléphones mobiles Hello Kitty, Lolita Lempicka, Hugo Boss…», énumère Florence Catel, directrice des relations publiques pour Samsung France.

Puis, les nanas se sont mises aux jeux vidéos. Grâce aux premières consoles PSP blanches (il y avait même des modèles habillés de strass Swarowski), et aux Nintendo DS, «qui proposaient les premiers jeux girly, comme «cooking mama» pour les petites filles», poursuit-elle.

Une nouvelle cible

Les faits sont là: «les produits à l’habillage coloré ont attiré les filles, ils leur ont donné envie d’acheter des produits high-tech. Elles ont d’abord été attirées par le look, l’ergonomie», poursuit Fanny Bouton.

Mission en partie réussie, donc, pour les marques? Pourtant, la mode des netbooks et appareils photos à couleurs criardes semble être déjà passée. Malgré quelques dernières tentatives, comme le netbook HB co-conçu avec la créatrice Vivienne Tam, qui apparaît dans Sex and the city 2.

Le nouveau créneau: les applications. Car l’iPhone a créé un nouveau créneau : les applis dédiées aux femmes. Applis de services (comme l’appli Devenir maman de Nestlé, dédiée aux femmes enceintes) ou de titres de presse, les différents constructeurs commencent à les intégrer dans leurs AppStores, comme Samsung sur sa plateforme Ovi.

>> Et vous qu’en pensez-vous? Vous sentez-vous concernées par ce marketing girly-geek?