Le fondateur de Wikipédia s’oppose à l’utilisation de l’IA pour éditer les articles de son site
non merci•Le cofondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, s’oppose à l’utilisation de l’IA dans le processus d’édition des articles présents sur son site20 Minutes avec AFP
Non à l’intelligence artificielle… mais pas pour tout. L’encyclopédie en ligne Wikipédia s’opposera à l’utilisation de l’IA dans le processus d’édition des articles présents sur sa plateforme, a expliqué lundi son cofondateur Jimmy Wales à l’AFP, disant ne pas faire « assez confiance » à cette technologie. « On ne laissera pas l’IA éditer directement (nos articles) car on ne peut pas vraiment lui faire assez confiance », a-t-il expliqué en marge d’un événement organisé par Octopus Energy à Londres.
S'« il est difficile de savoir à quoi ressemblera l’IA dans vingt-cinq ans », le problème des hallucinations à court terme « reste encore extrêmement grave » pour Wikipédia, qui ambitionne de réunir sur une même plateforme les savoirs de la planète grâce aux contributions libres de millions de bénévoles.
Forte croissance des visites des robots IA
La plateforme n’exclut pas, en revanche, d’avoir recours à des agents IA pour assurer le suivi de certains sujets niches, par exemple « le décès d’un professeur de biologie de 97 ans qui avait disparu des médias » et serait susceptible de ne pas être remarqué par les éditeurs.
Si Wikipédia s’efforce de limiter le rôle de l’IA dans son fonctionnement, les intelligences artificielles se nourrissent, elles, du contenu de l’encyclopédie en ligne pour répondre aux questions de leurs utilisateurs. Malgré « une baisse de 8 % du trafic humain » liée à la concurrence des IA, « nous avons constaté une hausse du trafic » à cause de la forte croissance des visites des robots IA, souligne le cofondateur du site créé en 2001 avec Larry Sanger, qui figure parmi les dix plus visités au monde.
Accords avec des géants de la tech
Cette baisse de fréquentation est « significative, mais pas désastreuse », selon Jimmy Wales, qui siège au conseil d’administration de la fondation Wikipédia, car le modèle économique repose sur les dons et pas sur la fréquentation.
Wikipédia a aussi signé des accords avec plusieurs géants de la tech. Si le contenu reste gratuit, le site demande aux entreprises d’IA qui le « bombardent avec des millions de requêtes » de compenser la « juste part » de l’utilisation de ses machines pour répondre à ce nouveau flux. Le cofondateur de Wikipédia ne donne pas le montant exact des accords mais se dit « plutôt satisfait des progrès » dans ce domaine : « nous avons eu beaucoup de succès avec bon nombre des gros acteurs et nous commençons à bloquer ceux qui ne se comportent pas correctement ».


















