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Disney s’allie avec OpenAI : Sora pourra utiliser les personnages du groupe

Disney s’allie avec OpenAI : Sora pourra utiliser plus de 200 personnages du groupe dès 2026

collaborationDisney ouvre ses personnages à Sora, la plateforme d’IA d’OpenAI, un accord stratégique qui relance les tensions autour des droits d’auteur
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

L'essentiel

  • OpenAI et Disney ont annoncé un accord de trois ans permettant aux utilisateurs de Sora de créer des vidéos avec plus de 200 personnages Disney, Marvel, Pixar et Star Wars dès début 2026.
  • Le syndicat des scénaristes (WGA) a vivement critiqué cet accord dans une lettre, dénonçant une opération qui semble valider le pillage de leur travail.
  • Bob Iger, patron de Disney, a défendu cette collaboration en déclarant : « Nous avons toujours vu les avancées technologiques comme une opportunité, pas une menace ».

OpenAI et Disney ont annoncé jeudi avoir conclu un accord qui permettra l’utilisation des personnages du groupe américain sur Sora, la plateforme de vidéo créées par intelligence artificielle générative, un signal fort pour l’écosystème des contenus IA. Une collaboration majeure dans un secteur encore très conflictuel autour des droits d’auteur.

La collaboration dévoilée jeudi, qui court sur trois ans, prévoit que les utilisateurs de Sora pourront désormais créer des vidéos en puisant dans un catalogue de plus de 200 personnages des univers Disney, Marvel, Pixar et Star Wars, selon un communiqué conjoint. Il ne s’agit cependant que de personnages animés, masqués ou de créatures, mais pas de vrais acteurs à visage humain. Ils seront accessibles sur la plateforme à compter de début 2026.

Un accord inédit autour des contenus générés par IA

« Nous avons toujours vu les avancées technologiques comme une opportunité, pas une menace », a déclaré le patron de Disney Bob Iger sur la chaîne CNBC. « De toute façon, c’est inéluctable. Les humains n’ont jamais pu arrêter le progrès technologique et nous n’avons pas l’intention d’essayer. »

Lancée fin septembre, Sora se veut être un réseau social sur lequel il n’est possible de publier que des vidéos générées par IA, grâce à un modèle d’intelligence artificielle d’OpenAI. Dès le début, Sora a été notamment nourrie de contenus reprenant, sans autorisation, des marques, l’image de personnalités, ainsi que des univers graphiques inspirés de programmes existants, dessins animés, films ou séries. De nombreuses vidéos incluaient ainsi des personnages directement inspirés de ceux du studio Pixar, filiale de Disney, ainsi que de plusieurs dessins animés propriété du géant du divertissement, comme « Family Guy ».

Dans le cadre de ce partenariat, Disney va prendre une participation au capital d’OpenAI à hauteur d’un milliard de dollars et recevoir des produits financiers dérivés, lui permettant d’acquérir, ultérieurement, davantage d’actions du créateur de ChatGPT.

Un accord qui inquiète Hollywood

Dans une lettre à ses membres, communiqué à l’AFP, le puissant syndicat américain des scénaristes (WGA) a dénoncé une opération qui « semble valider le pillage de notre travail ». Pour WGA, en pactisant avec OpenAI, Disney « cède la valeur de ce que nous créons à une société technologique qui s’est construite sur notre dos ».

Quant au syndicat des acteurs, le SAG-AFTRA, il a prévenu qu’il « suivrait de près cet accord et son application pour s’assurer de sa conformité avec (les) contrats » des comédiens et les textes protégeant la propriété intellectuelle.

Le directeur général d’OpenAI a promis que la conception de vidéos incluant des héros de Disney serait soumise à des « garde-fous », pour éviter des dérives. Le patron de Disney a notamment souligné que Sora limitait à 30 secondes la durée d’une vidéo générée sur la plateforme : « Il ne s’agit donc pas de créer des courts-métrages ou des films » longs métrages, a-t-il assuré.

Parallèlement à cette annonce, Disney a transmis à Google (l’un des principaux rivaux d’OpenAI) un courrier d’injonction lui demandant de ne plus utiliser, sans autorisation, ses contenus pour le développement et le fonctionnement de ses interfaces d’IA.

Une stratégie commune autour de l’IA

Au-delà de l’accès aux personnages Disney dans Sora, le partenariat redessine surtout les ambitions économiques d’OpenAI, comme de Disney. Bob Iger, a laissé entendre jeudi que la mise à disposition de ces personnages ferait l’objet d’une rémunération. De son côté, le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, a rappelé qu’au-delà d’un nombre limité de vidéos, l’utilisation de Sora était payante et générait des revenus. « Les utilisateurs sont prêts à payer pour générer les vidéos qu’ils aiment », a-t-il affirmé, anticipant une évolution du modèle économique de l’application.

Le rapprochement entre les deux groupes va au-delà de Sora, car Disney va devenir un « client majeur » d’OpenAI. L’entreprise va ainsi donner accès à ChatGPT à ses employés et utiliser les modèles d’IA d’OpenAI pour « créer de nouveaux produits, outils et expériences ». Une collaboration à suivre de près pour voir si ce rapprochement entre Disney et OpenAI parvient réellement à concilier innovation technologique et respect des créateurs, ou s’il ravivera encore davantage les tensions autour de l’IA dans l’industrie culturelle.