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Ten ten, l’appli que les ados kiffent bien plus que le ministère de l’Intérieur
Espion de poche•Le porte-parole du ministère de l’Intérieur a lancé une mise en garde à l’intention des parents dont les enfants utilisent l’application Ten ten, particulièrement intrusiveMikaël Libert
L'essentiel
- L’application mobile « Ten ten » a dépassé le million de téléchargements sur Android, mais selon le ministère de l’Intérieur, elle comporte de sérieux risques en matière de vie privée et de sécurité en ligne, car elle récupère de nombreuses données personnelles.
- L’application permet d’envoyer des messages instantanés même lorsque le téléphone est verrouillé, ce qui augmente les risques de harcèlement en ligne et d’intrusion dans la vie privée.
- Le ministère de l’Intérieur adresse aux parents une mise en garde pour qu’ils prennent le temps d’échanger et d’informer leurs enfants sur les risques liés à cette application.
A peine lancée, l’application mobile française « Ten ten » cumule déjà plus d’un million de téléchargements sur Android et certainement pas moins sur iOS. Selon la description du développeur, « Ten ten transforme ton téléphone en talkie-walkie avec tes meilleurs amis, n’importe où, n’importe quand ». Ça a l’air marrant comme ça, sauf si on lit les petites lignes de la politique de confidentialité. Tâche que personne ne fait, sauf le ministère de l’Intérieur.
« Chante, crie, chuchote… tes amis t’entendront en temps réel, même quand leur tel est verrouillé ! », promet l’application Ten ten. Et le succès ne s’est pas fait attendre, l’appli étant déjà « en vogue dans les collèges et lycées », assure le ministère de l’Intérieur sur « X ». Sauf que, selon cette même source, « derrière le fun, se cachent de sérieux dangers pour la vie privée et la sécurité en ligne ».
Des données vampirisées par Ten ten
En effet, Ten ten collecte énormément de données sur les appareils des utilisateurs : « appareil ou autres ID », « interactions avec l’appli », contacts, photos et vidéos, identité et même le numéro de téléphone. Selon l’Intérieur, Ten ten récupère aussi l’adresse IP et les données de localisation. « Autant d’informations qui peuvent fuiter, et pourront par la suite être recoupées », prévient le ministère. De l’autre côté, le développeur assure que toutes les données sont « chiffrées » et transférées « via une connexion sécurisée ».
Outre le risque de fuite de données, le ministère de l’Intérieur voit un autre problème. « Même lorsque l’écran est verrouillé, les contacts peuvent envoyer des messages instantanés. Cela augmente le risque de harcèlement en ligne et d’intrusion dans la vie privée », est-il encore précisé sur « X ». Et en partageant son pseudo Ten ten sur d’autres réseaux, les ados pourraient aussi être contactés par des « inconnus » avec tout ce que cela implique.
Certes, sur les stores Android et iOS, le développeur prévient qu’un accord parental est « souhaitable » avant d’utiliser son appli. Un peu léger pour le ministère de l’Intérieur qui adresse aux parents une mise en garde de bon sens : « Prenez le temps d’échanger et d’informer vos enfants sur les risques ».



















