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Des drones à l'assaut du plus haut sommet du monde

Des drones à l’assaut de l’Everest pour la bonne cause

VERS L’INFINI ET AU-DELÀDJI vient de tester avec succès son drone de livraison sur les pentes du plus haut sommet du monde
Un drone de livraison DJI part à l'assaut de l'Everest
Christophe Séfrin

Christophe Séfrin

L'essentiel

  • Pour la première fois, un drone a été utilisé pour acheminer du matériel sur les pentes de l’Everest, au cœur de l’Himalaya, et en redescendre avec des déchets.
  • DJI et son drone de livraison DJI FlyCart 30 a ainsi pu confronter son appareil, capable de porter des charges jusqu’à 30 kg, aux conditions extrêmes du site qui culmine à 8.848 mètres.
  • Ce test grandeur nature ouvre de nouvelles perspectives à la livraison par drone, mais aussi, aux mondes de l’aviation et de l’alpiniste.

Les sherpas ne s’en porteront que mieux. DJI vient de dévoiler les images des premiers essais de son drone de livraison, le DJI FlyCart 30, en plein cœur de l’Everest. But : procéder à la montée de matériel pour les alpinistes jusqu’à des hauteurs jusque-là inégalées, et redescendre des déchets dans la vallée. Victoire : son DJI FlyCart 30 s’est acquitté de sa tâche avec succès, ouvrant de nouvelles perspectives au constructeur… et au monde de l’aviation.

Bouteilles d’oxygène et déchets

Première sur les versants du plus haut sommet du monde qui culmine à 8.848 mètres entre le Népal et la Chine : fin avril, le DJI FlyCart 30 a bravé des conditions environnementales extrêmes pour acheminer du camp de base vers le Camp 1 (situé entre 5.300 à 6.000 mètres au-dessus du niveau de la mer) trois bouteilles d’oxygènes et 1,5 kg de matériel. Il en est redescendu avec des déchets.

Trois bouteilles d'oxygène et 1,5 kg de fournitures, ont cheminé par drone du camp de base au Camp 1, situé à plus de 5.300 mètres.
Trois bouteilles d'oxygène et 1,5 kg de fournitures, ont cheminé par drone du camp de base au Camp 1, situé à plus de 5.300 mètres. - DJI

Sur le papier, tout peut sembler simple. Expédier un drone de livraison jusqu’à des hauteurs incongrues pour déposer du matériel et lui en faire redescendre pourrait ne rien avoir de très compliqué. Sauf lorsque l’on parle de l’Everest avec, ici, des températures jusqu’à moins 15° et des vents jusqu’à 15 mètres/seconde. Sans oublier le survol, considéré comme dangereux, de la cascade de glace de Khumbu, que certains hélicoptères n’osent entreprendre.

Jusqu’à 30 kg de marchandises

À la manœuvre, le DJI FlyCart 30 a pourtant rempli sa mission. Dédié au transport de fret, ce robuste drone professionnel de 65 kg avec batteries peut porter jusqu’à 30 kg de marchandises avec une portée jusqu’à 16 km et une vitesse maxi de 20 m/s. Son treuil lui permet de déposer son chargement sans avoir à se poser, une condition essentielle pour l’expérience menée par DJI sur le mont Everest.

Ce n’est d’ailleurs qu’après différents tests de vols stationnaires sans charge, de résistance au vent, de basse température et de capacité de poids avec des charges utiles de plus en plus lourdes que DJI a donné le coup d’envoi de l’ascension. Ascension qui n’aura nécessité au DJI FlyCart 30 que 12 minutes aller/retour (son autonomie peut atteindre 18 minutes sur deux batteries avec 30 kg de charge utile).

À titre de comparaison, il faut 6 à 8 heures aux alpinistes et à leurs sherpas locaux pour franchir l’étape de la cascade de glace de Khumbu et ses dangereuses crevasses. Parfois, au risque de leur vie. « L’année dernière j’y ai perdu trois sherpas. Si nous sommes malchanceux, si le timing n’est pas bon, nous pouvons y laisser la vie », confirme Mingma Gyalje Sherpa, guide de montagne d’Imagine Nepal, associé à DJI.

35 tonnes de déchets

Outre la livraison de matériel par drone, c’est aussi la perspective de redescendre par son biais des déchets dans la vallée qui s’ouvre. Il est ainsi estimé que chaque alpiniste abandonne jusqu’à 8 kg de déchets sur les flancs de l’Everest au cours de chaque ascension. Vieilles tentes, bouteilles d’oxygène rouillées… jusqu’aux déjections humaines gelées qui souillent le site.

35 tonnes de déchets souilleraient les pentes du mont Everest.
35 tonnes de déchets souilleraient les pentes du mont Everest. - DJI

Selon Reporterre, 35 tonnes de déchets encombreraient actuellement les pentes de l’Everest. Pour les évacuer, c’est une armée de drones FlyCart 30 qu’il faudrait mobiliser. À raison de 30 kg de fret par voyage, 1.166 rotations seraient nécessaires pour faire le grand ménage.