The Phone : Le fléau de la surexposition des enfants aux écrans bientôt résolu ?
TÉLÉPHONIE•En plein débat sur la surexposition des jeunes aux écrans, The Phone, qui sortira cet été, propose une solution radicaleChristophe Séfrin
L'essentiel
- Alors qu’un groupe d’experts mandaté par Emmanuel Macron a rendu ce 30 avril ses conclusions sur les jeunes face aux écrans, un nouveau terminal mobile, prochainement en vente, veut limiter leur temps d’exposition.
- Avec The Phone, une entrepreneuse française pense ainsi avoir trouvé une partie de la solution pour que les plus jeunes déconnectent.
- Lancé à 100 euros, The Phone restera un appareil séduisant, avec un écran de 5,5 pouces et une batterie longue durée.
Interdiction des écrans aux moins de 3 ans ; interdiction de tout téléphone portable avant 11 ans ; accès à Internet uniquement à partir de 13 ans ; aux réseaux sociaux « éthiques » à 15 ans… Le rapport d’experts remis ce 30 avril au Président de la République, Emmanuel Macron, est sévère dans ses préconisations. Celles-ci visent à limiter le temps d’écran des jeunes. Mais seront-elles suivies d’effets ? Et comment ? En attendant, Maïlys Cantzler, mère de deux garçons de 11 et 16 ans, et entrepreneuse, prend le taureau par les cornes. Sa solution ? The Phone, un mobile développé en famille qui sera vendu 100 euros dès juillet. Et qui devrait régler bien des problèmes.
Un smartphone Canada Dry
Elle a créé le réseau de crèches Attitude il y a vingt ans ; puis des colocations pour personnes âgées victimes d’un handicap (Le Club des Six). Elle milite aussi pour guider les enfants vers la lecture… Et compte aller plus loin.
Maïlys Cantzler, 48 ans, s’attaque aujourd’hui à un autre problème bien contemporain. Celui du temps passé par les jeunes sur les smartphones. « Quand j’ai trébuché comme beaucoup de parents sur ce grand sujet et ce qu’il implique, j’ai décidé avec mon fils Viktor et Marius Colomb, un entrepreneur, qu’il ne fallait pas se contenter de constater les problèmes, mais de mettre sur le marché une solution pour y remédier. »
Leur idée ? The Phone, un terminal Canada Dry qui ressemble à un smartphone, mais qui n’est pas un smartphone.
Ne pas avoir honte à l’école
« Avec The Phone, nous recréons le segment des téléphones non connectés uniquement représentés par les téléphones à touches. Mais en y ajoutant un esthétisme et un écran tactile pour qu’ils ne soient pas dénigrés par les enfants », explique à 20 Minutes Maïlys Cantzler. Soit un terminal mobile qui ressemble à un smartphone, mais qui ne peut servir que pour téléphoner, envoyer et recevoir des SMS !
« L’écran tactile correspond aux codes et va permettre de ne pas avoir la honte dans les cours d’écoles ! », décrypte la maman qui connaît bien son sujet. Et qui sait là où elle veut aller. « Je n’ai pas de philosophie, mais jusqu’à 12 ans, les contenus auxquels les smartphones ont accès ne sont pas bons, et même dramatiques pour les enfants ! Soit on râle, soit on réagit. Je réagis ! », s’emporte l’entrepreneuse.
Un écran de 5,5 pouces malgré tout…
Lancé en précommande début mai après 15 mois de développement, The Phone sera commercialisé dès juillet pour 100 euros. Il s’agit d’un terminal à écran LCD (480 x 960 pixels) de 5,5 pouces, avec écouteurs fournis et batterie de 2.500 mAh. 2.500 mAh pour un simple téléphone… voilà qui augure de longues journées sans avoir à recharger son appareil !
Disposant de son propre système d’exploitation, The Phone propose un menu sous forme de pétales. Et reste minimaliste dans ses propositions : Paramètres (taille de police, choix de la langue parmi trois proposées, choix de la couleur du fond d’écran, et des sonneries) ; Répertoire ; Appels ; Messages. Et basta !
Aucune possibilité d’écouter de la musique et encore moins de prendre des photos. Et, évidemment, aucun accès aux réseaux sociaux. « Sur ce premier modèle, on reste plutôt puristes que minimalistes, pour se focaliser sur la communication », martèle Maïlys Cantzler. The Phone reste un téléphone 3G, un point c’est tout. Et sa créatrice y croit.
NOTRE DOSSIER ENFANTSDes parents au bout du bout
« Il suffit de réinstaller une nouvelle norme sociale pour qu’elle prenne le dessus sur l’ancienne. Comme lorsque l’on nous a imposé de ne plus fumer dans les trains, ou, jadis, de ne plus boire du vin à l’école lorsque l’on était enfant ! On compte sur ce même mouvement de parents qui sont arrivés au bout du bout, de cette capacité d’acceptation et de pression sociale qui leur a été imposée avec les smartphones », explique la créatrice de The Phone. Laquelle va démarrer les tests de son téléphone avec 160 bêta-testeur actifs, des enfants, parents, médecins, enseignants… dans toute la France. Histoire de recueillir leur retour d’usage et de « travailler sur des solutions raisonnées ».
Urgent d’agir
Attention, la commercialisation de The Phone ne s’effectuera que sur le site de son fabricant. Impossible, selon Maïlys Cantzler de « caser une marge pour un distributeur » avec un appareil vendu à ce prix. Avec son fils Viktor et Marius Colomb, elle avait d’ailleurs voulu faire fabriquer son téléphone en France. « Il nous aurait fallu deux ans de plus et deux millions d’euros. Alors, va pour les deux millions, mais pas pour les deux ans! C’est trop long, il est urgent d’agir », explique l’entrepreneuse.
Les premiers The Phone seront donc produits en Asie, mais avec une coque de protection made in France. Selon les volumes de ventes, la production pourra ensuite être totalement rapatriée dans l’Hexagone.
D’ici là, Maïlys Cantzler voudrait sensibiliser des personnalités, comme Zinédine Zidane ou Thomas Pesquet, pour qu’ils dédicacent les coques de The Phone et permettent aux futurs possesseurs du téléphone de vraiment se distinguer. But : ringardiser les possesseurs de smartphones dans la cour de récré…



















