Surveillance du réseau iranien: un rapport finlandais épingle un peu plus Nokia
TELECOMS•Les fonctionnalités du système vendu à Téhéran semblent aller plus loin que ce que l'entreprise a jusqu'ici reconnu...Philippe Berry
L'affaire avait fait grand bruit l'été dernier. En pleine répression des manifestants iraniens suite à l'élection controversée de Mahmoud Ahmadinejad, plusieurs articles de presse avaient révélé que la surveillance du réseau était possible grâce à des équipements notamment vendus par Nokia-Siemens. Après avoir mis la main sur des documents techniques, un rapport finlandais livre de nouveaux détails qui contredisent de récentes déclarations des dirigeants de Nokia.
«La surveillance rendue possible grâce au Lawful Interception Gateway (Portail d'interception légale) de Nokia s'étendait à l'Internet mobile», conclut le journaliste Hanna Nikkanen, citant les conclusions d'un expert télécoms. Lauri Kivinen, un dirigeant du groupe finlandais, avait pourtant affirmé que Nokia n'avait «pas fourni de matériel pour surveiller le réseau Internet» et simplement reconnu du bout des lèvres l'existence de protocoles de surveillance pour le réseau téléphoniques.
Légal
Jusqu'ici, la défense de Nokia a toujours été de s'abriter derrière la loi. Le système vendu à Téhéran n'est en effet pas différent de celui utilisé par de nombreux pays de l'Union européenne. Problème: dans l'UE, une telle surveillance est très ponctuelle et nécessite l'autorisation d'un juge. En Iran, de sérieux doutes planent sur le respect d'une telle procédure.
En février, le Parlement européen avait adopté une résolution réprimandant le géant finlandais. Il avait «fermement condamné les entreprises internationales, en particulier Nokia-Siemens, pour avoir fourni aux autorités iraniennes la technologie permettant de censurer et de surveiller le réseau iranien, étant par conséquent un instrument dans la persécution et arrestation de dissidents iraniens».



















