Le gouvernement australien va vraiment mettre en place son filtrage d'Internet

TELECOMS Les officiels sont satisfaits des tests et vont imposer le système aux fournisseurs d'accès...

Philippe Berry

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Un cyber café chinois
Un cyber café chinois — REUTERS
De notre correspondant à Los Angeles

La Chine, l'Iran, l'Egypte et bientôt l'Australie. Sydney va se retrouver en peu glorieuse compagnie sur la liste des pays ayant mis en place un filtrage obligatoire d'Internet. Ici, il ne s'agit pas de contrôler la voix des dissidents mais de bloquer des sites indésirables (pédopornographie , violence contre les femmes, bestialité). Nadine Morano et Brice Hortefeux applaudissent.
 
Le ministre des télécommunications, Stephen Conroy, a annoncé mardi que le gouvernement avait terminé ses tests. Les estimant concluants, il s'apprête à passer à l'étape législative pour contraindre les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) à s'exécuter.
 
Vague de protestation
 
L'Electronic Frontier Association a aussitôt réagi, estimant que «qu'une technologie au point ne donne pas forcément une bonne politique». Sur Twitter, tous les opposants se rassemblent sur #nocleanfeed.
 
Concrètement, le filtrage se ferait à deux niveaux. Un premier, obligatoire, passerait par une liste noire d'environ 1.000 sites établie par le gouvernement. Ça, les FAI peuvent le mettre en place facilement, avec une efficacité de 100% selon les tests. Le second niveau, en revanche, sur la base du volontariat pour les fournisseurs d'accès, est plus compliqué. Il s'agit de filtrer directement le contenu. Problème: l'efficacité n'est que d'environ 80% et ralentit grandement le réseau.
 
En Iran, quand le régime va jusqu'à l'inspection des paquets IP (grâce à des technologie mises en place par Siemens et Nokia) comme après l'élection présidentielle, cela paralyse complètement Internet. Sans compter le problème des faux positifs, qui a fait jeter l'éponge à la Pennsylvanie, alors que des sites qui n'avaient rien de répréhensibles se trouvaient bloqués.
 
Et la France
 
En France, la mainte fois repoussée LOPPSI (Loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure) devrait être examinée début 2010. Brice Hortefeux (selon qui Internet est «un vrai lieu de danger»), l'a déjà annoncé: «Nous avons l'intention de permettre le blocage des sites proposant des images et des représentations de mineurs à caractère pornographique». De quoi faire tendre l'oreille aux majors de la musique, qui réclament depuis longtemps de telles mesures de filtrage. 2010, le nouveau 1984?