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Google relance le concept de commentaires universels sur le net
INTERNET•Sidewiki se greffe à la barre d'outil Google et permet de laisser un commentaire sur n'importe quelle page web...Philippe Berry
De notre correspondant à Los Angeles
C'était le début des années 90. Les premiers serveurs web offraient la possibilité d'annoter (publiquement ou non) des pages HTML. Mais face à la charge représentée pour les serveurs, le concept n'a jamais vraiment percé. Depuis, les sites Internet ont développé leurs propres systèmes internes de commentaires, comme celui de 20minutes.fr.
Mercredi, Google a lancé Sidewiki, un plugin intégré à sa barre d'outil (uniquement pour Firefox et Internet Explorer, et «plus tard pour Chrome quand il supportera les extensions»). Sidewiki permet de laisser des commentaires sur n'importe quel site, (éventuellement liés à une portion de texte spécifique, en le surlignant). Les contributions apparaissent, elles, dans un volet indépendant sur la gauche de la page web.
>> Sidewiki s'installe ici (compte Google nécessaire)
Sidewiki ne classe pas les commentaires par ordre chronologique mais par pertinence. Pour cela, il utilise un mix d'algorithmes maison (analysant notamment la complexité du langage et filtrant le spam) et de modération sociale. Sidewiki prend en compte la «réputation» de l'auteur, via ses commentaires précédents, et l'évaluation par les autres internautes de l'utilité de la contribution (via un classique vote: «utile: yes / no / signaler un contenu inapproprié).
Là où l'outil peut devenir franchement puissant, c'est avec la possibilité de partager ses commentaires ou ceux des autres sur facebook, twitter ou via email. Une contribution apparait également sur son Google Profile. Pas fou, Google précise dans les conditions d'utilisation ne clamer «aucun droit sur les contenus soumis» par les utilisateurs –même si celui-ci cède une licence donnant le droit à Google d'utiliser ses contributions à des fins de promotion du service)
Qu'on soit clair, Google n'est pas le premier à lancer un tel concept. Mais personne n'avait sa force de frappe. En 1999, ThirdVoice espérait bien être la prochaine sensation. Mais après deux ans d'une aventure qui n'a jamais décollé, et face à une fronde d'un consortium de 400 sites Internet, opposés à ce qu'ils qualifiaient de «graffitis», ThirdVoice s'est éteint dans un anonymat complet ou presque.
Aujourd'hui, certains tentent de relancer le concept intégré à une dimension de réseau social. Mais là où un DotSpot la joue prudent (un site est libre d'autoriser ou pas DotSpot à enrichir ses contenus), Google est beaucoup plus téméraire. Interrogé par 20minutes.fr, Google reconnaît «qu'il n'y a pas de moyen pour un site d'empêcher les entrées de Sidewiki d'apparaître à côté de sa page». Le volet est en effet du HTML hébergé chez Google, totalement indépendant du site sur lequel il apparaît.
En revanche, Google précise à 20minutes.fr qu'un web master peut, via l'API (interface de programmation) de Sidewiki, «manipuler les entrées comme il le souhaite et même les intégrer à ses propres commentaires». «Ça pourrait, dans le meilleur des cas, devenir un complément intéressant à notre système de commentaires. Mais il faudra voir en pratique si les deux systèmes ne se cannibalisent pas et l'efficacité de la modération sociale de Google», réagit Charles Dufresnes de 20minutes.fr, qui travaille à faire vivre la communauté de nos lecteurs.
Débat: Imaginez-vous les deux systèmes cohabiter? Si vous êtes un blogueur ayant fait le choix de fermer vos billets aux commentaires face aux problèmes de spam et de modération –comme Andrew Sullivan– un tel service vous tente-t-il? Ou vous n'avez pas vraiment envie d'envoyer des informations via la Google bar?


















