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Le «serious gaming» enfin pris au sérieux

Le «serious gaming» enfin pris au sérieux

RELANCEL'Etat donne 20 millions d'euros pour développer des jeux vidéos pédagogiques...
Charlotte Mannevy

Charlotte Mannevy

«Finis ton jeu vidéo d’abord.» Faire ses devoirs en jouant est un rêve d’enfant en passe de devenir une réalité. Car le «serious gaming» (jeu sérieux), apparu il y a quatre ans aux Etats-Unis, est en plein essor. Le secrétariat d’état à l’Economie numérique vient d’ailleurs de donner un coup de pouce au secteur en accordant, mardi, une enveloppe de 20 millions d’euros à quarante-huit projets, dans le cadre du plan de relance.


La science physique, c’est magique


Parmi les lauréats, «Donjon et Radon» développé par la société AD Invaders, l’université Paris-VI et le rectorat de Créteil en partenariat avec Microsoft. Dans ce jeu de rôle, les collégiens sont invités à utiliser la science physique pour progresser. On choisira donc une fiole d’acide sulfurique pour dissoudre un monstre de cuivre. Le projet, réalisé avec l’aide d’enseignants, doit intégrer les programmes des classes de cinquième, quatrième et troisième. Il pourrait être disponible dans le commerce d’ici à deux ans. Que l’on apprenne mieux en s’amusant est une donnée qui est également de plus en plus prise en compte par les entreprises. Ainsi, BNP Paribas a mis en ligne en mars son propre jeu, intitulé «Starsbank». Il s’agit ici de reconstruire une cité spatiale abandonnée, en 2505. Pour la faire prospérer, le joueur doit mettre en place une banque et la développer, en proposant des services et en s’adaptant aux besoins de la clientèle. Le jeu devait à l’origine permettre de familiariser les nouveaux employés aux différents métiers de la banque. Il est désormais accessible au grand public.


Un nouveau filon économique


Pour les entreprises hexagonales du secteur du jeu vidéo, le «serious gaming» s’apparente à un bon filon. «Face aux géants américains et japonais, les Français ont du mal à se positionner, explique Jean Menu, conseiller à la Cité des sciences et de l’industrie. Mais développer un outil de formation pour les vendeurs de la grande distribution, c’est un marché spécifique qui n’intéresse pas la concurrence étrangère.» Une aubaine en période de crise économique.