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Hadopi 2 presque éclipsée par les autres dossiers

Hadopi 2 presque éclipsée par les autres dossiers

REPORTAGEDans la salle des quatre colonnes de d'Assemblée nationale, les députés n’avaient pas que le vote de la loi en tête...
Sandrine Cochard

Sandrine Cochard

Le rendez-vous était pris depuis la fin du mois de juillet. Mardi, les députés se sont pressés à l’Assemblée nationale pour le vote solennel d’Hadopi 2. Avant le vote, l’heure n’était déjà plus aux tractations. Au rez-de chaussée de l’Assemblée, dans la salle des quatre colonnes gagnée par un brouhaha croissant, chaque partie campe sur ses opinions.


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Avis tranchés


Ainsi Jack Lang (PS) a confirmé son intention de se démarquer de ses camarades. «Je vais voter pour!» s’est-il exclamé, un brin las de devoir se justifier. «Hadopi 2 est une bonne loi en conformité avec nos lois sur le livre et le cinéma». Et de dire, avec une pointe de regret: «J'aurais aimé que les socialistes la votent». Car du côté des socialistes, le message porté notamment par les députés socialistes Patrick Bloche et Christian Paul est clair: il faut voter contre le texte.


A 15h, la séance s’ouvre par les questions aux gouvernement. Dans la salle des quatre colonnes toute proche, plusieurs députés affûtent encore leurs arguments. Si Alain Dupont-Aignan, président de Debout la République (DLR), dénonce une «loi gravissime, dangereuse et liberticide, voire anti-constitutionnelle», Franck Riester, le rapporteur UMP du texte, lance à l’envi qu’il est «confiant» et «serein».


De son côté, le chef de file des députés PS à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault, semble résigné, pensant déjà à la suite. «Aujourd'hui, le plus important est de réfléchir aux sources de financement de la création artistique. Or cette loi répond à ce problème de façon erronée», explique Ayrault qui songe déjà au recours auprès du Conseil constitutionel. L’opposition l’a dit et redit: Hadopi 2 n’apportera pas un seul euro aux artistes.


Taxe carbone et loi pénitentiaire


Pendant ce temps, le député UMP Yves Jego répond aux questions des journalistes dans le jardin de l’Assemblée, au moment où les députés interpellent le gouvernement sur la taxe carbone. Car la loi Hadopi n’est pas le seul dossier important du jour: les députés doivent aussi se pencher sur la loi pénitentiaire et certains profitent des questions au gouvernement pour épingler Brice Hortefeux, le ministre de l'Intérieur, sur ses propos polémiques tenus au campus de l’UMP. Aux micros et aux caméras des journalistes qui ne les lâchent pas, les députés passent d’un sujet à l’autre dans une ambiance bon enfant.


A 16h, la cloche annonçant le vote imminent de la loi Hadopi sonne et les députés se pressent pour rejoindre leurs bancs. Certains journalistes y voit le signe d’une consigne de Nicolas Sarkozy, qui a réuni sa majorité à l’Elysée mardi matin. Jean-Pierre Brard (PC), fervent opposant de la loi, se moquera d’ailleurs de cette discipline. «Coppé surveillait ton vote», lance-t-il au ministre Xavier Bertrand à l’issue de la séance peu après avoir dénoncé le climat «d’obéissance» qui règne à l’UMP. Dans la salle des quatre colonnes, certains se risquent à quelques pronostics en plaisantant.


Le vote est validé en une minute sans suspens tant les députés ont répondu présents: sur les 510 présents, 285 députés votent pour le texte contre 225 oppositions. L'hémicycle a rarement été aussi rempli et Jean-François Copé, le patron du groupe UMP à l'Assemblée, s'en félicite: «Tout le monde était là, je suis très content car nous avons beaucoup bataillé pour la loi Hadopi». Prochaine bataille: celle du Conseil constitutionnel qui devra valider (ou invalider) Hadopi 2.