Cinq Californiens, dont deux de moins de 13 ans, portent plainte contre Facebook

INTERNET Ils accusent le réseau social de disséminer des informations personnelles à des tiers...

Vincent Matalon

— 

Même si certains résistent encore par principe, la plupart des recruteurs n'hésitent plus à chercher sur internet des informations personnelles sur les postulants à un emploi.stra.
Même si certains résistent encore par principe, la plupart des recruteurs n'hésitent plus à chercher sur internet des informations personnelles sur les postulants à un emploi.stra. — Leon Neal AFP/Archives
Les plaintes envers Facebook se suivent et se ressemblent. Lundi, cinq Américains ont entamé une procédure de justice, reprochant au réseau social son côté un peu trop… social. 

Selon les plaignants, Facebook ne respecte pas la promesse faite aux utilisateurs de pouvoir strictement contrôler les informations mises en ligne. Ce qui est, d’après eux, contraire aux lois de protection de la vie privée en vigueur en Californie.
 
Parmi les plaignants, on retrouve une jeune femme s’étant inscrite durant les premiers mois d’existence du service, en 2005, lorsqu’il ne s’agissait que d’un outil pour faciliter les contacts entre étudiants. Elle s’estime aujourd’hui trompée, le site ayant ouvert ses portes à tous au fil des années (on compte aujourd’hui 250 millions d’utilisateurs), modifiant du même coup ses conditions générales d’utilisation, les CGU.
 
Mais la réclamation la plus loufoque émane d’un certain Xavier O., âgé de 11 ans. Il accuse Facebook de l’avoir laissé s’inscrire sans vérifier son âge. Le site est officiellement interdit aux moins de 13 ans mais ne demande qu’une date de naissance à ses membres, sans autre verification.
 

«Xavier O. a la grippe A»
 
Plus loin, la plainte de Xavier O. est encore plus étrange: les parents du jeune homme estiment que celui-ci n’aurait pas dû avoir le droit publier des photos de ses jeunes amis, âgés de 5 à 11 ans, en maillot de bain. Enfin, le petit Xavier aurait publié un statut dans lequel il écrivait être atteint de grippe A. Les parents ont supprimé le message, mais ils estiment que cette information médicale a pu être conservée et «vendue» par le site.
 
Les motifs peuvent sembler incongrus, ils résultent du flou qui entoure les conditions d’utilisation du site. Bien qu’elles aient été modifiées (à la suite d’une polémique que 20minutes.fr expliquait en février), elles restent assez obscures en plus d’être largement ignorées par les utilisateurs. Interrogé à l’époque par notre correspondant à Los Angeles, l’avocat américain Eric Goldman estimait que «même des juges pouvaient s’arracher les cheveux là-dessus».
 
Facebook a jugé que la plainte était infondée et a promis de livrer une bataille juridique. Les plaignants, eux, demandent des dommages et intérêts d'un montant non précisé.