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Jean-Marc Ayrault: «Frédéric Mitterrand reconnaît qu'Hadopi 2 ne règle pas le problème du financement de la culture»

Jean-Marc Ayrault: «Frédéric Mitterrand reconnaît qu'Hadopi 2 ne règle pas le problème du financement de la culture»

INTERVIEWLe président du groupe PS à l'Assemblée nationale réagit au report du vote d'Hadopi 2...
Recueilli par Alice Antheaume

Recueilli par Alice Antheaume

Le vote sur Hadopi 2 a été reporté en septembre. Qu’est-ce que la gauche a à gagner à ce report?

La bataille d’opinions continue. Et va continuer encore pendant les deux mois qui nous séparent de la rentrée. On avance et on a marqué un point face à la majorité.


Quel point avez-vous marqué?

Lorsque nous (le groupe PS, ndlr) avons rencontré lundi soir Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture et de la Communication, celui-ci nous a confié qu’il était solidaire de la position du gouvernement sur Hadopi, mais qu’il reconnaissait que le projet de loi ne réglait pas le problème du financement de la culture. Dire cela, c’est nouveau. Christine Albanel, son prédécesseur, ne l’avait jamais reconnu. Sur ce point, nous sommes d’accords avec Frédéric Mitterrand: le dossier sur le téléchargement illégal doit avoir pour contrepartie la recherche d’une nouvelle économie et de nouveaux modèles de financement des entreprises culturelles.


Sauf que l’examen d’Hadopi 2 va reprendre en septembre sans prendre en compte ce point...

C’est pour cela que nous proposons d’organiser des Etats généraux sur le financement de la culture à l'ère numérique.


Frédéric Mitterrand a donné son accord pour l’organisation de ces Etats généraux?

Non, il ne l’a pas validé. Il a évoqué une concertation à la rentrée avec des FAI, des collectifs d’internautes, des artistes, des spécialistes des droits d’auteurs, et des élus.


Vous pensez vraiment que ces deux mois vont changer la donne?

Je l’espère. Pendant l’été, les internautes pourront se mobiliser, envoyer des mails à leurs députés, ce qui devrait faire évoluer les mentalités. Du temps de la loi Dadvsi, nous étions isolés. Puis est venu Hadopi 1: cette fois, les médias s’y sont intéressés, et pas seulement les médias spécialisés en nouvelles technologies. Avec Hadopi 2, il faut que tout le monde comprenne que Nicolas Sarkozy est un champion des effets d’annonce sans résultat: il prétend faire une loi pour les artistes, mais une loi qui ne leur rapporte pas un centime.


Jack Lang continue à dire qu’il va voter Hadopi 2 «en l’état». Ses déclarations vous gênent-elles?

Oui, évidemment. La position de Jack Lang est une posture, celle d’un ancien ministre de la Culture. Sous la présidence de François Mitterrand, il a été un homme d’innovations, mais aujourd’hui, je suis désolé de lui dire que ses solutions datent des années 80.