HADOPI 2 - Le ministre de la Culture a fait son baptême du feu devant l'Assemblée nationale ce mardi matin...
A l’Assemblée nationale, c’est le baptême du feu pour Frédéric Mitterrand, pour la
première séance publique sur
Hadopi 2, ce mardi matin. Sachant pourtant combien Hadopi 1 a affaibli
son prédécesseur, Christine Albanel, le nouveau ministre de la Culture s’est jeté dans la fosse aux lions avec un discours inaugural digne d’un concours d’éloquence. 20minutes.fr compte les bons et mauvais points de sa tribune.
Bons points
Se mettre en scène
«Dans les périodes peu fastes, j’ai eu la chance de pouvoir compter sur les droits d’auteur pour tenir le coup», lâche Frédéric Mitterrand. Une façon de dire qu’avant d’être un homme politique, il est un homme de culture. Mieux: non seulement il connaît les artistes mais il assure qu’il en est un lui-même. CQFD: il peut donc parler du sujet en connaissance de cause. Bien joué: Christine Albanel s’était a contrario vue reprocher de manquer de connexions avec le monde des créateurs.
Parler de haschich
Frédéric Mitterrand n’a pas été patron de la chaîne TV5 pour rien. Il sait que, pour se faire entendre, mieux vaut proposer des images au public. C’est ce qu’il fait lorsqu’il raconte dans l’hémicycle une histoire de grand-mère qui arrose les plantes de son petit-fils en croyant que ce sont des coquelicots alors que ce sont des «plans de haschich». Frédéric Mitterrand fait ainsi valoir que la bonne foi paie toujours et que la pauvre grand-mère ne sera pas sanctionnée si elle établit sa bonne foi — dans le cas où elle ne saurait pas que son petit-fils se sert de sa connexion Internet pour télécharger illégalement.
Etaler ses références culturelles
«Je ne veux pas qu'on traîne dans le caniveau des pirates "L'Hymne à l'amour" d'Edith Piaf (...). Je refuse que l’on violente "La Javanaise" de Serge Gainsbourg», martèle Frédéric Mitterrand, qui cite aussi Rouget de l’Isle, l’auteur de «La Marseillaise», mort sans droit d’auteur, souillé. Dans le jargon, cela s’appelle du «name-dropping», art de citer des personnalités comme si on les connaissait dans l’intimité.
Mauvais points
Avancer des chiffres flous
Frédéric Mitterrand s’y était déjà risqué au Sénat, il y a quelques jours, et l’a redit au perchoir de l’Assemblée nationale. Selon lui, «un milliard de fichiers seraient consultés illégalement sur le Net», sans que l’on sache d’où vienne ce chiffre. Dans les rapports du
SNEP (Syndicat national de l'édition phonographique), il y a certes cette donnée: «10 milliards de fichiers illégaux ont été téléchargés en 2007» sur le Net mondial. Autant dire qu'on ne
connaît toujours pas les visages du piratage français.
Lancer un débat réactionnaire
«Est-ce à la technologie de nous dicter ses règles ou est-ce à nous d’imposer à Internet notre choix de société?», demande-t-il. Un intitulé qui pourrait servir de sujet de philo au bac mais qui, sur la Netosphère, provoque des soupirs d’exaspération. «Encore un qui a tout compris»,
ironisent les internautes sur Twitter.
Alice Antheaume