La révolution Opera Unite: un serveur dans le navigateur
INTERNET – La société norvégienne a dévoilé mardi son projet secret...Philippe Berry, à Los Angeles
Ils avaient promis depuis une semaine de «révolutionner le web». Lundi, les Norvégiens d'Opera Software ont présenté Opera Unite, une galaxie de services dont le cœur est son navigateur qui transforme n'importe quel ordinateur en serveur. Vous ne parlez pas geek? C'est pourtant à vous qu'Opera s'adresse, avec l'ambition «que chacun puisse partager facilement ses données»... En se passant de serveurs appartenant à des partis tiers, tout étant hébergé directement sur votre machine personnelle.
La plateforme est intégrée au navigateur Opera 10 (disponible sous Windows, Mac OS X et Linux), mais les services sont ensuite accessibles depuis n'importe quel navigateur. Pour l'instant, Unite propose six services de base:
- File Sharing (partage de fichiers). Voilà qui va faire grincer des dents au ministère de la culture. Pas besoin d'uploader des données sur un espace de stockage, ou de configurer un accès FTP. Il suffit de partager un répertoire, et les fichiers sont ensuite accessibles –soit à tout le monde, soit au cas par cas, protégé par un mot de passe
- Web Server offre la possibilité d'avoir son site web hébergé sur sa machine
- Media Player, ou votre librairie musicale accessible à streaming
- Photo Sharing, ou un Picasa/Flickr en local
- The Lounge (le salon), un espace de chat accessible par n'importe qui, même sans compte Opera Unite
- Fridge (le frigo), pour partager des post-it virtuels
Dans l'absolu, aucun service révolutionnaire, donc. Mais Opera parle de «démos» et invite tous les développeurs à se mettre au boulot. Ils promettent l'émergence «d'une nouvelle classe d'applications sociales auxquelles les gens se connectent directement, sans passer par un intermédiaire qui contrôle des serveurs». Facebook, qui avait à demi mot clamé –avant de faire marche arrière – être propriétaire des données de ses membres en février dernier, appréciera.
Dans l'état actuel, Opera Unite n'est que dans une toute jeune version alpha. L'interface est cependant déjà simplissime, même pour les néophytes de l'informatique. Tout se fait en quelques clics pour choisir les répertoires à partager ou créer une chat-room. Il n'y a rien à configurer.
Pendant un essai du chat, le connexion au serveur (notre machine, donc) a été perdue «inopinément». C'est là le talon d'Achille du système: s'il est amené à se développer, il va falloir que les FAI améliorent grandement la bande passante en émission, surtout dans un pays tiers-mondiste comme les Etats-Unis.
Et déjà, plusieurs experts en sécurité jugent que protéger l'accès à ses contenus par de simples mots de passe est «une catastrophe potentielle». Quant au problème de fichiers violant les droits d'auteur, une porte-parole d'Opéra a répondu ceci à Zdnet UK: «Opéra ne surveille pas les données des utilisateurs, mais si une violation de copyright nous était rapportée, alors nous enverrions un avertissement, avant de suspendre le compte en cas de besoin».
Opera Unite, vraie fausse bonne idée ou potentiel important, selon vous?


















