«Avatar», le film en 3D de James Cameron dévoile son univers via le jeu vidéo

CINEMA La hype autour du projet du réalisateur de «Titanic» monte encore d'un cran...

Philippe Berry

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Vue d'artiste de la Planète Pandora, théâtre du film Avatar de James Cameron
Vue d'artiste de la Planète Pandora, théâtre du film Avatar de James Cameron — Ubisoft
De notre correspondant à Los Angeles


Fermez les yeux. Visualisez une forêt vierge luminescente. Des arbres plus grands que la tour Eiffel. Dans le ciel, des montagnes flottantes. Tandis une géante gazeuse se lève à l'horizon, une sorte de griffon chevauché par un indigène humanoïde tout bleu, de 3m de haut, plane au-dessus d'un canyon. Soudain, un hélicoptère surarmé de l'organisation venue piller ce nouveau monde surgit et un combat titanesque s'engage. Imaginez le tout totalement immergé via des lunettes 3D. Bienvenue sur «Pandora», la planète sortie de l'imaginaire de James Cameron.

 

Cette scène n'est pas directement tirée de son film, dont la sortie est prévue pour le 18 décembre, mais du jeu vidéo, dévelopé en étroite collaboration par les Français d'Ubisoft, qui le montraient cette semaine behind closed doors à l'E3 de Los Angeles. Mais comme le réalisateur de «Titanic» l'expliquait lundi, «si le jeu ne suit pas la trame principale du film, chaque élément en est directement tiré».

 

Sécurité maximale

 

Tellement que dans un premier temps, la Fox, dans un accès de paranoïa, refuse l'accès de la salle gardée par plusieurs videurs aux journalistes généralistes. Selon une source anonyme, «car le jeu en révèle trop sur le film». Finalement, après s'être séparé nous avons assister à la présentation, après avoir abandonné appareil photo et téléphone portable.

 

Le jeu en lui-même est également en 3D stéréoscopique. Pour profiter de l'effet, il faut donc des verres dépolarisants bon marché et surtout une télé 3D –dont les modèles commencent juste à arriver. «Avatar» fonctionnera cependant sur une télévision classique. Pour sa démonstration, Ubisoft disposait d'un luxueux prototype Panasonic de 260 cm. Si la 3D ajoute une dimension immersive, les décors –peut-être à cause de la taille de l'écran– n'étaient pas des plus fins. L'univers de Cameron semble malgré tout parfait pour un jeu d'action-aventure dantesque.

 

«Danse avec les loups» version space opera

 

Jon Landau, qui a dû faire fortune comme producteur sur «Titanic» (1,8 milliard de dollar au box office mondial), reprend sa casquette pour le film «Avatar» et en dévoilé davantage sur l'univers. Pandora est donc une lune gravitant autour d'une géante gazeuse sur laquelle vivent les Na'vi, sortes de mayas locaux.

 

Pandora abrite un minéral qui se révèle une source d'énergie formidable. De attiser la convoitise des hommes. Problème: ils ne peuvent respirer l'air de la planète. Ils utilisent donc des «avatars», des hybrides humain/na'vi génétiquement modifiés, dans lesquels ils peuvent «télécharger» leur conscience. Jake Scully, le personnage principal, est un marine qui a perdu l'usage de ses jambes et accepte une mission pour un conglomérat. Sur Pandora, explique Jon Landau, il va rencontrer «la plus belle créature bleue de 3m de haut, avec une longue queue tombant du bas de son dos». Et évidemment tomber fou amoureux et se retrouver à combattre aux côtés des Na'vi.

 

Plus qu'un pitch évoquant autant «Pocahontas» que «Danse Avec les loups» dans l'espace, c'est la technologie (et le secret) qui font d'Avatar le film le plus hypé de cette année. Cameron l'a imaginé il y a 14 ans. Il dit avoir dû attendre que la technologie murisse et de pouvoir mettre au point des caméras révolutionnaires.
 

«Holy shit, c'est un truc de dingue»

Steven Spielberg promet le plus grand film «live 3D» jamais fait. Comme Golum dans le «Seigneur des anneaux», «Avatar» s'est fait avec de vrais acteurs (Sam Worthington, Sigouney Weaver et Michelle Rodriguez),. Leurs mouvements et expressions ont été capturés et digitalisés. Mais grâce aux caméras mise au point, James Cameron pouvait voir en direct sur un écran le résultat dans le monde de Pandora en images de synthèse. Il y a travaillé 4 ans –deux fois plus que pour «Titanic»

 

Ce serait en jouant avec ces caméras que Steven Spielberg et Peter Jackson se seraient regardés et dit «faisons Tintin». Steven Soderberg a, lui, pu voir des extraits d'«Avatar», dont le budget dépasse déjà les 200 millions de dollars. Sa réaction? «Holy shit, c'est un truc de dingue, on n'a jamais vu ça».

 

L'industrie toute entière attend d'«Avatar» qu'il marque le début du succès des films réalisés en 3D stéréoscopique –forçant les salles à s'équiper. Bref, «Avatar» est au moins aussi attendu que le retour sur Terre de Jésus.

 

Rendez-vous le 18 décembre. Le film sera-t-il à la hauteur de son buzz, selon vous?