Google tousse et tout le nuage tremble

INTERNET Les leçons de la panne de jeudi...

Philippe Berry

— 

Gfail, détournement de Gmail pour désigner les pannes dont est victime Google
Gfail, détournement de Gmail pour désigner les pannes dont est victime Google — Montage/DR
De notre correspondant à Los Angeles 


Les perturbations n’ont duré qu’une petite heure. Seuls 14% des utilisateurs ont été concernés (selon Google). Et pourtant, la panne qui a touché tous les services du géant du net jeudi, de la recherche, aux mails, à Google News et Calendar, en passant par YouTube, ont fait trembler la toile. Un graphique du volume du trafic Internet nord américain montre même un creux abyssal vers 11 heures de matin.

 

Car par effet ricochet, d’autres sites ont été affectés, notamment ceux utilisant du code de Google Analytics. Celui de Target (un Darty américain) est devenu extrêmement lent et PCworld relève qu’une utilisatrice de Twitter (et d’autres) ne pouvait accéder à son compte bancaire.

 
Un nuage fragile
 

«Des sites Internet connaissent des pannes. Des transistors grillent. Des ingénieurs se trompent dans des algorithmes de routage. Ca arrive tous les jours. Mais quand vous vous appelez Google, les gens le remarquent davantage», relève la firme de sécurité informatique ArborSert.

 

Microsoft, lui, a posté un tweet taquin («Nos sympathies aux serveurs de Google. Ça arrive à tous. Mais c’est la preuve que le net a besoin de plus d’un moteur de recherche). Mais au-delà des questions de monopole et de concurrence nécessaire, quand un acteur majeur comme Google connaît une telle panne, c’est un concept très à la mode prend du plomb dans l’aile: celui du «cloud computing», du tout décentralisé dans le nuage du web.

 
Sauvegarde locale
 

Sur le papier, plus besoin ou presque d’un disque dur, voire d’un processeur puissant. Une machine ultra basique, une connexion Internet, et c’est parti. On peut écouter de la musique en streaming sur Deezer, regarder des séries américaines sur Hulu, des films en vidéo à la demande, utiliser un traitement de texte en ligne. Ou même jouer à des jeux vidéo sans rien installer en local.

 

Certains voient même des utilisateurs complètement dans le nuage, où l’on reviendrait presque paradoxalement aux débuts de l’informatique, avec de simples «terminaux». IBM et d’autres ont lancé l’«Open cloud manifesto» visant à établir des standards ouverts en ce sens.

 

Mais entre un Google en panne et une Free/Live/9box qui bricole parfois, le personal computer a encore de beaux jours devant lui. Et pensez à sauvegarder vos photos sur des dvd (en les recopiant tous les deux ou trois ans, car leur durée de vie est bien plus courte que prévue) et des disques durs externes. Pas juste en ligne. Car quand des hébergeurs mettent la clé sous la porte, certains perdent tout.