Facebook a cédé son projet de monnaie virtuelle Diem pour 200 millions de dollars à une banque californienne

MONNAIE VIRTUELLE Le projet de Facebook avait connu de nombreux revers depuis son lancement en 2019

Anaëlle Lucina pour 20 Minutes
— 
Un dirigeant de Meta accuse les utilisateurs d?être responsables de la diffusion de fake news
Un dirigeant de Meta accuse les utilisateurs d?être responsables de la diffusion de fake news — Geeko

Meta a lancé Diem, son projet de cryptomonnaie, en 2019. Selon un rapport de Bloomberg, l’association Diem, qui supervise le développement de la monnaie numérique, aurait vendu ses actifs.

C’est chose faite pour Meta qui cherchait un repreneur pour son projet Diem. L’association Diem, le consortium que Facebook a fondé en 2019 pour construire un réseau de paiements futuriste, a mis fin à ses activités et a cédé sa technologie à une banque californienne, Silvergate Capital. Le projet Diem s’est vendu pour environ 200 millions de dollars. La vente concerne notamment tout ce qui a trait à la propriété intellectuelle et aux brevets.

Concrètement, aux États-Unis, l’émission d’une monnaie stable, ou stablecoin, doit être réalisée par une banque régulée. Ainsi, en 2021, c’est la banque acquéreuse Silvergate Capital qui devait se charger de mener à bien l’émission de la cryptomonnaie stable.

Les origines du projet

Ce projet de cryptomonnaie de Mark Zuckerberg, fortement critiqué depuis son lancement, date d’il y a deux ans. Facebook a lancé le projet Diem en 2019 sous le nom de Libra. La société l’avait fièrement présenté comme un moyen pour les milliards d’utilisateurs du réseau social de dépenser de l’argent aussi facilement que d’envoyer un message texte. À l’époque, la cryptomonnaie s’appelait Libra et était initialement conçue comme un  stablecoin (monnaie stable). Ces monnaies stables, ou stablecoin, sont adossées à une monnaie classique, dans ce cas le dollar. Elles sont conçues pour être moins volatiles et offrir plus de stabilité.

Pour soutenir son lancement, Libra a fait appel à des partenaires bien connus dans le domaine du commerce électronique et des paiements. Tels que PayPal, Visa et Stripe, pour ne citer que quelques noms. Autrement dit, ces partenaires ont accepté de rejoindre l’association Libra basée en Suisse, en charge de la gestion de la monnaie stable. Chacun a déboursé des millions de dollars pour développer le projet.

Un lancement difficile

Dès le lancement de Libra, les détraqueurs du projet ont radicalement exprimé leurs inquiétudes quant à son effet sur la stabilité financière et la confidentialité des données. Ils craignaient que cette cryptomonnaie ne facilite des activités néfastes telles que le blanchiment d’argent et la violation de la vie privée. Bien entendu, le risque était aussi que Libra devienne un rival pour les monnaies « réelles » telles que le dollar américain. D’un point de vue institutionnel, Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale, a lui confié ses inquiétudes à la banque centrale.

Dans ce contexte, le Comité de la Chambre des États-Unis a appelé Mark Zuckerberg à témoigner en octobre 2019. En réaction, certains membres du consortium, tels que Visa et MasterCard, ont abandonné le projet. Pour finir, les ambitions de Libra ont été revues à la baisse et le projet a été rebaptisé Diem.

La Réserve fédérale pas certaine d’accepter le projet Diem

En décembre 2020, Diem indiquait qu’elle lancerait d’abord un premier actif digital adossé au dollar. L’objectif était de se lancer, à terme, dans le lancement de plusieurs stablecoins et d’une monnaie multidevises. Au final, le projet s’est limité au stablecoin d’origine, le Diem USD, et le partenariat avec Silvergate Bank a commencé. Pour ne rien arranger, l’été dernier, la Réserve fédérale a annoncé à Silvergate qu’elle n’était pas certaine d’accepter le projet Diem.

Diem serait actuellement en pourparlers avec des banquiers d’affaires au sujet des prochaines étapes, y compris la manière de vendre sa propriété intellectuelle. Le but ? Capturer toute valeur restante.