Escroquerie : Des milliers d’internautes victimes de fausses « convocations judiciaires » les accusant de pédopornographie

ARNAQUE Des escrocs tentent de soutirer de l’argent ou de dérober des informations personnelles à des internautes en leur faisant croire qu’ils sont coupables d’avoir diffusé et échangé des supports à caractère pédopornographique

H. B.
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Illustration phishing et arnaques sur internet.
Illustration phishing et arnaques sur internet. — iStock / City Presse

« Vous faites l’objet de poursuites pour pédopornographie »… C’est ainsi que débute l'e-mail que de très nombreux internautes ont reçu ces derniers mois. Ce courriel, qui se présente comme « une convocation judiciaire » plus vraie que nature, accuse le destinataire de partager, diffuser et échanger des supports à caractère pornographique ou  pédopornographique, et d’avoir commis des  atteintes sexuelles sur mineurs.

Le document est souvent signé du directeur général de la gendarmerie nationale, le général Christian Rodriguez, et indique à la personne qui a reçu le courriel qu’elle fait l’objet d’une convocation par officier  de police judiciaire pour visualisation d’images pédopornographiques.



« Dans un souci de confidentialité »​, précise le texte, le destinataire est ainsi prié de faire entendre par e-mail ​ses justifications, et ce « dans un délai de 72 heures », au-delà duquel un rapport sera transmis à la procureure de Créteil. La personne sera également inscrite dans « le fichier des délinquants sexuels » et son dossier sera transmis « aux associations de lutte contre la pédophilie et à plusieurs chaînes de télévision nationales » si elle ne paye pas une amende.

Une arnaque de très grande ampleur

Ces courriels qui usurpent l’appellation de la gendarmerie nationale, de la police nationale, de la préfecture de police de Paris et d’Europol, sont bien évidemment une arnaque, dont l’objectif est de vous amener à verser une somme d’argent ou de vous faire communiquer vos données personnelles.

De très nombreux internautes se sont ainsi fait piéger. Ces derniers finissent par payer une « amende » d’environ 250 euros. Les fraudeurs leur demandent de régler cette somme par coupons PCS, achetés chez un buraliste, qui permettent aux arnaqueurs de créditer des cartes, puis de retirer l’argent dans des distributeurs à l’étranger.



Les experts du dispositif national d’assistance aux victimes, Cybermalveillance, estiment que des centaines de milliers de personnes ont dû recevoir cette tentative d’escroquerie en quelques mois.  Le ComCyberGend (commandement de la gendarmerie dans le cyberespace) indique que cette arnaque aurait fonctionné sur environ « 10 % ​des destinataires ».

Ne jamais répondre et effectuer un signalement

Les autorités tiennent à rappeler que « les services du ministère de l’Intérieur n’envoient jamais de courriel pour procéder à des auditions. Les infractions mentionnées dans cette pseudo-convocation ne font jamais l’objet de transaction. Leur traitement s’inscrit dans le cadre judiciaire sous contrôle d’un magistrat ».

Le ministère de l’Intérieur recommande également de ne pas répondre à ces courriers, de ne jamais régler les sommes demandées et de ne pas cliquer sur les pièces jointes qui peuvent accompagner le courrier. Il encourage également les personnes à signaler ce type de faits via le site www.cybermalveillance.gouv.fr et/ou à l’adresse mail fraude-bretic@interieur.gouv.fr afin qu’il soit pris en compte dans le cadre de l’enquête ouverte par l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).