CES 2022 : FairVison va permettre aux clubs amateurs de football de faire comme les pros

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE Après une édition 2021 en virtuel, le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas retrouve sa forme originelle de mercredi à samedi avec ses allées, ses stands et ses innovations. La start-up FairVision va représenter les Alpes-Maritimes avec son concept d’analyses de performances automatiques sur les terrains

Elise Martin
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Exemple de la façon dont la technologie FairVision détecte les joueurs pour produire ensuite des analyses, à Cap d'Ail, dans les Alpes-Maritimes
Exemple de la façon dont la technologie FairVision détecte les joueurs pour produire ensuite des analyses, à Cap d'Ail, dans les Alpes-Maritimes — FairVision
  • En 2021, à cause du coronavirus, le CES de Las Vegas avait été unique en virtuel. Ce mercredi, il s’ouvre en présentiel et parmi les start-up présentes, on trouve FairVision.
  • Cette entreprise de Nice va présenter son système d’intelligence artificielle intégré aux caméras qui permet de suivre les matchs, les revoir et d’avoir des statistiques des joueurs ensuite.
  • Cette technologie permet de détecter les schémas tactiques, utile pour les entraîneurs et éducateurs grâce à une technologie d’intelligence artificielle.

« Chaque année, il y a un million de matchs non diffusés et plus de deux millions de licenciés, de proches, de fans, qui ne peuvent voir les performances des joueurs et des clubs amateurs », lance Philippe Levy, associé de Jean-Michel Felderhoff qui a inventé  FairVision, sélectionnée pour participer au CES Las Vegas 2022.

Ce système dote les caméras, connectées en wifi dans un stade, d’une intelligence artificielle qui permet d’enregistrer les matchs, d’automatiser les performances de tous les acteurs sur le terrain pour en ressortir des statistiques personnalisées et proposer des replays de « moments forts du match ». Tout ça, sans caméraman et sans besoin d’énergie puisque l’alimentation provient de panneaux photovoltaïques.

Un système vecteur d’attractivité et d’apaisement dans les stades

« On voulait créer quelque chose de simple pour réduire la fracture technologique entre les clubs amateurs et professionnels », indique le directeur commercial et marketing de cette sportech niçoise. La plateforme est « gratuite pour le club où c’est installé, et ce sera ensuite un système d’abonnements, pour les parents, les passionnées, ou même les joueurs eux-mêmes ou les entraîneurs qui veulent s’améliorer en voyant des séquences spécifiques ».

Les deux associés sont partis d’un constat personnel pour développer leur concept. « On est des passionnés de football, on a pratiqué en amateur et on pensait faire des choses incroyables mais on ne peut qu’en parler. Sans même savoir si on était vraiment bons, se remémore Philippe Levy. Avec cette application, les enfants de 9 ans pourront voir leur évolution personnelle dans le jeu et dans le temps car chaque saison, le sport va les suivre ». Ils ont voulu commencer par le « sport le plus populaire » avant de s’étendre à d’autres domaines.

Cette participation au forum leur permettra d’ailleurs de voir « si FairVision peut avoir une croissance horizontale multisport et aussi verticale multipays ». Jusqu’à présent, le « stade cobaye » se trouvait à Cap d’Ail, où les premiers retours ont permis de confirmer « la possibilité de se rapprocher du professionnel ». « C’était l’objectif car on voulait amener notre pierre à l’édifice au monde amateur, qui compte plus de 6.000 clubs, mais aussi aux centres de formation, qui ont besoin de cette technologie. On a aussi remarqué que c’était un vecteur d’attractivité pour le développement personnel des joueurs. Avoir des caméras responsabilise également les spectateurs », précise Philippe Levy.

Séduire le public international

FairVision permet également de sélectionner des moments précis et d’en faire des clips « pour soi ou pour partager à sa famille ses meilleurs buts, ajoute le directeur marketing. C’est incroyable de pouvoir raconter des histoires à travers de l’intelligence artificielle. »

Les deux associés comptent profiter de leur voyage au forum pour « voir si le contenu vidéo a une grosse valeur dans les autres pays ». Le directeur marketing développe : « En France, on voit à travers plusieurs études que la génération Z ne tient pas 90 minutes devant un match. Mais elle adore regarder les meilleurs moments. Avec notre application, on attache autant d’importance à l’enregistrement du match qu’à la compilation. Cette vérité peut l’être également pour les Etats-Unis ou le Brésil et FairVision pourrait intéresser ce marché. » Avec ce système, le Niçois espère « enrichir la base de données de talents locaux, et qui sait, internationaux ».