Google I/O 2021: Design coloré d’Android 12, partenariat avec Samsung et téléprésence du futur

TECH Retour sur les annonces principales de Google, ce mardi, lors de sa conférence annuelle pour développeurs

Philippe Berry

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Avec Android 12,Google a choisi un design qui s'adapte aux couleurs du fond d'écran.
Avec Android 12,Google a choisi un design qui s'adapte aux couleurs du fond d'écran. — GOOGLE

De notre correspondant en Californie,

Revoilà la conférence de Google. Annulée l’an dernier à cause de la pandémie de Covid-19, Google I/O, la grand-messe annuelle pour les développeurs du géant de Mountain View, s’est ouverte avec la traditionnelle keynote – virtuelle mais en direct – mardi. Très attendu, Android 12 s’offre un nouveau design coloré qui s’adapte harmonieusement au fond d’écran. Google a également dévoilé un partenariat avec Samsung pour sortir son système Wear OS de son sommeil, et, peut-être, enfin concurrencer l’Apple Watch. L’entreprise californienne continue de s’appuyer sur l’intelligence artificielle pour améliorer ses produits (Search, Maps et Photo). Et on a assisté à une démo bluffante de conversation avec une intelligence artificielle, puis entraperçu le futur de la téléprésence avec Project Starline.

Android 12 multicolore

On ne sait pas si Google a été influencé par la pandémie et l’isolation, mais l’entreprise semble avoir décidé de mettre un peu de joie dans son design. Baptisé « Material You », la nouvelle approche mise sur la personnalisation, notamment via les couleurs. Cela commence avec Android 12, d’abord sur les smartphones Pixel, mais Google va ensuite décliner ce design sur tous ses produits, y compris sur le hardware, avec une nouvelle gamme pastel pour Google Home ou Chromecast.

Android 12 propose des thèmes couleurs qui s’adaptent automatiquement au fond d’écran, comme des dégradés de vert pour accompagner une photo de plante. Les menus, les notifications et les widgets sont aussi revus, avec un feeling plus cartoon et ludique. Cette cohésion dans le design à travers différents produits pourrait aider Google à solidifier une identité qui manque parfois de caractère. La densité plus faible d’information dans les menus d’Android pourrait cependant ne pas plaire à tout le monde.

Un partenariat avec Samsung pour défier l’Apple Watch

Après un long sommeil, WearOS veut enfin se réveiller. Google a annoncé un partenariat inattendu avec Samsung pour mieux concurrencer l’Apple Watch. Wear OS et Tizen vont fusionner pour unifier une plateforme wearable morcelée. Simplement baptisé Wear, le nouveau système a pour priorité d’optimiser la réactivité et l’autonomie, et d’améliorer la qualité des apps et des notifications. Les deux entreprises n’ont rien révélé côté hardware, mais l’OS pourrait équiper la future Galaxy Watch 4 et l’hypothétique Pixel Watch.

L’intelligence artificielle continue de progresser

Recherche, Photos, Assistant… Google s’appuie plus que jamais sur l’IA pour améliorer ses produits. Google Photos, notamment, est capable de créer des live photos à partir de deux ou trois images fixes, en devinant les frames manquantes grâce au machine learning.

Côté recherche, le nouvel engin, baptisé Mum (Multitask unified model), est annoncé comme 1.000 fois plus puissant que le précédent, ce qui l’aide à comprendre des requêtes complexes. Par exemple, avec la question « J’ai fait une randonnée au sommet du Mont Adams, et je voudrais faire le Mont Fuji à l’automne. Quels préparatifs différents dois-je faire ? », le système compare la hauteur et le dénivelé des deux volcans, sait qu’à l’automne, il pleut souvent au Japon, et va suggérer des chaussures de randonnée et une tenue imperméable.

La conversation presque naturelle avec la machine

Google avait déjà fait des démonstrations bluffantes de conversation avec une intelligence artificielle à l’élocution presque humaine. Mais elles ne fonctionnaient que dans des cadres très scriptés, comme pour réserver une table à un restaurant. Son dernier modèle de langage, LaMDA, permet pour la première fois d’avoir une discussion avec la machine sur n’importe quel sujet. Par exemple demander à un avion en papier le secret pour bien voler («définis bien », répond l’IA, « le plus loin, le plus droit ou le plus longtemps ?), et le pire endroit où il ait jamais atterri («dans une flaque). Si la démonstration est bien représentative de la technologie – c’est toujours difficile à dire quand elles sont préenregistrées – les progrès sont impressionnants.

Project Starline, la téléprésence du futur

« Je pouvais presque la toucher. » L’une des quelques personnes choisies pour tester Project Starline semblait véritablement émue. Appelez cela de la téléprésence, de la visioconférence en 3D, une vidéo holographique ou l’holodeck de Star Trek, peu importe : c’est avant tout une prouesse technique.

Le système utilise une dizaine de caméras et de capteurs de profondeur pour créer un modèle 3D photoréaliste d’une personne, qui est compressé et envoyé dans les tuyaux d’Internet, puis affiché en temps réel dans un « panneau de verre magique », dit Google. Comprendre un affichage light-field de 65 pouces – qui coûte sans doute des dizaines de milliers de dollars – et qui permet de percevoir la profondeur sans porter de lunettes spéciales (Google n’a pas précisé s’il y a un système de tracking des yeux comme sur un prototype d’écran light-field de Sony). Ajoutez une grosse dose de post-treatment pour une touche d’ombres et de lumière, de l’audio spatial, et voilà : on a l’impression que son interlocuteur est vraiment présent, en face de soi. Attention, c’est pour l’instant un prototype, et vu la lourdeur du système, il est avant tout destiné aux entreprises et au monde médical. Google semble ici prendre le contre-pied de la réalité virtuelle, avec une technologie qui se fait oublier pour mieux nous connecter.