L'application de rencontres Grindr (illustration).
L'application de rencontres Grindr (illustration). — Hassan Ammar/AP/SIPA

VIE PRIVEE

Norvège : Grindr pourrait être condamné à payer 9,6 millions d’euros pour « partage illégal de données »

L’autorité de protection norvégienne des données pourrait lui infliger l’équivalent de 9,6 millions d’euros d’amende, soit 10 % de son chiffre d’affaires annuel mondial

La Norvège a annoncé ce mardi que l’ application de rencontres Grindr pourrait écoper d’une amende de 100 millions de couronnes (9,6 millions d’euros) pour partage illégal des données. Elle aurait distribué des informations sur ses utilisateurs à des fins marketings : les coordonnées GPS, des éléments du profil et le fait qu’ils utilisent Grindr, un « réseau mondial de rencontres pour les personnes gays, bi, trans et queer ». Cette dernière information donne donc des indications sur les préférences sexuelles.

L’autorité de protection norvégienne des données a souligné que cette pratique était contraire au règlement général sur la protection des données (RGPD) mis en place dans l’Union européenne en mai 2018. L’année dernière, en janvier 2020, le Conseil norvégien des consommateurs avait porté plainte contre Grindr et cinq autres applications pour ce même motif.

Une « victoire historique pour la vie privée »

Il a estimé que la décision norvégienne était une « victoire historique pour la vie privée ». Monique Goyens, la directrice générale du Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) basé à Bruxelles et qui rassemble des associations de consommateurs dans 32 pays a aussi réagi.

Elle a indiqué : « C’est une excellente nouvelle qui indique clairement qu’il est illégal de surveiller les consommateurs 24 heures sur 24, sept jours sur sept, sans leur consentement, pour collecter et partager leurs données. »

Jusqu’au 15 février pour réagir

L’amende que risque Grindr représente 10 % de son chiffre d’affaires mondial, soit environ 10 millions de dollars. L’application a jusqu’au 15 février pour se faire entendre.

Le groupe a indiqué être « impatient » d’engager un « dialogue productif » avec l’autorité. Il a expliqué : « Les allégations de l’autorité norvégienne de protection des données remontent à 2018 et ne reflètent pas la politique ou les pratiques de confidentialité actuelles de Grindr ».

Ses conditions d’utilisation ont évolué en avril 2020. Il a ajouté améliorer ses « pratiques de confidentialité en tenant compte de l’évolution des lois et réglementations. » Quant aux autres plaintes déposées par le Conseil norvégien des consommateurs, elles sont en cours d’examen.