Présidentielle américaine : Pubs politiques, résultats, désinformation… Facebook dévoile des mesures pour protéger l’élection

MODERATION Critiqué pour son laxisme, le réseau social a suspendra notamment les publicités politiques et empêchera un candidat de revendiquer l'élection avant les résultats officiels

20 Minutes avec AFP

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Mark Zuckerberg a témoigné via vidéo devant le Congrès américain le 29 juillet 2020.
Mark Zuckerberg a témoigné via vidéo devant le Congrès américain le 29 juillet 2020. — Mandel Ngan/AP/SIPA

Facebook fait un petit pas dans la bonne direction. Attaqué pour son laxisme face à la désinformation et la manipulation de contenus, le réseau social a annoncé jeudi qu’aucune nouvelle publicité politique ne pourrait être diffusée sur sa plateforme dans la semaine précédant l’élection présidentielle américaine du 3 novembre. Les annonceurs pourront toutefois continuer à diffuser les publicités partagées avant cette période, ces dernières étant ajoutées à la bibliothèque publicitaire de Facebook.

"Cette élection ne sera pas une élection habituelle. Nous avons tous la responsabilité de protéger notre démocratie", s’est justifié le patron du géant californien Mark Zuckerberg dans une publication sur sa page personnelle Facebook. "Cela consiste à aider les gens à s’inscrire sur les listes électorales et à voter, à lever la confusion sur le fonctionnement de cette élection et à prendre des mesures pour réduire les risques de violence et de troubles sociaux", a-t-il poursuivi. Parallèlement, Facebook a également signalé une publication de Donald Trump, jeudi, dans laquelle le président américain encourageait ses supporteurs à voter deux fois en Caroline du Nord

Vigilance sur les résultats officiels

A cet égard, Zuckerberg a dit s’inquiéter de possibles mouvements violents de contestation des résultats, ces derniers pouvant ne pas être connus avec certitude avant "des jours voire des semaines". Pour cette raison, il a annoncé que si un candidat ou un parti essayait de revendiquer la victoire avant que tous les résultats soient connus, un lien apposé à leur publication redirigerait les lecteurs vers les résultats officiels.

Parmi les autres mesures, Facebook s’est engagé à retirer les publications assurant qu’aller voter entraînerait une contamination au coronavirus, à limiter le partage d’articles sur le chat Messenger pour éviter que des posts de désinformation ne deviennent viraux et à lutter contre les tentatives de restriction du droit de vote via des publications mensongères.

Eviter une répétition de 2016

Ce durcissement de politique intervient alors que la plateforme avait jusqu’à présent choisi de privilégier la liberté d’expression et d’autoriser les publicités politiques quand son rival Twitter les a interdites dès 2019. L’entreprise de Mark Zuckerberg a été particulièrement critiquée pour avoir laissé se propager des campagnes d’influence massives, principalement orchestrées depuis la Russie, lors de l’élection présidentielle de 2016.

Cette année, les réseaux sociaux se préparent à d’autres scénarios catastrophes où leurs plateformes seraient utilisées pour contester les résultats du vote. Donald Trump met ainsi régulièrement en doute la fiabilité du vote par correspondance, une méthode prisée aux Etats-Unis, et cruciale en période de pandémie.

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