Coronavirus : Netflix va réduire ses débits pour soulager Internet en Europe

WEB Netflix, qui représente près d'un quart du trafic en France, répond à l'appel de Thierry Breton

P.B.

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Netflix représente près d'un quart du trafic Internet en France.
Netflix représente près d'un quart du trafic Internet en France. — Elise Amendola/AP/SIPA

Télétravail, streaming, jeu vidéo en ligne… Avec le confinement imposé ou conseillé dans de nombreux pays européens en pleine pandémie de coronavirus, le trafic Internet explose (+70 % chez Telecom Italia). Si les opérateurs français assurent pouvoir tenir le choc, Netflix a annoncé ce jeudi qu’il allait réduire le débit de ses streams en Europe pour un mois afin de soulager les infrastructures. L’entreprise répond ainsi au commissaire européen pour le marché intérieur, Thierry Breton, qui avait appelé les géants du streaming à passer à la définition standard.

« A la suite des discussions entre Thierry Breton et (le directeur général) Reed Hastings, et vu les défis extraordinaires posés par le coronavirus, Netflix a décidé de réduire le débit de tous nos streams en Europe pour 30 jours. Nous estimons que cela devrait réduire le trafic de Netflix sur les réseaux européens d’environ 25 %, tout en assurant une bonne qualité de service à nos membres », a indiqué l’entreprise.

Clairement, vu ce chiffre de 25 %, Netflix ne va pas passer à l’ancestrale définition standard (720x480 pixels) pour tout le monde. Sur le papier, l’entreprise peut suffisamment rogner de façon à peine perceptible sur la 4K (3840x2160 pixels) ou la Full HD (1.920x1.080 pixels) pour proposer une qualité correcte tout en soulageant le réseau de 25 %. Selon les mesures de HowToGeek, un contenu en 4K pèse en effet environ dix fois plus lourd que la même version SD.

Netflix, glouton du trafic

Dans le monde, le streaming représente environ 60 % du trafic Internet, selon le dernier rapport annuel de Sandvine (pdf). En France, Netflix (23 %), Google/YouTube (17 %), Facebook (5 %), Amazon (3 %), Canal+ (2 %) représentent 50 % du trafic Internet descendant, selon les chiffres publiés par l’Arcep l’été dernier.

Les infrastructures peuvent-elles encaisser une hausse du trafic avec le confinement ? La semaine dernière, Telecom Italia a constaté « une augmentation de plus de 70 % du trafic Internet sur [le] réseau fixe, avec une forte contribution des jeux en ligne ». En Allemagne, le DEC-IX de Francfort, le plus important carrefour mondial d’échanges Internet, a enregistré un pic historique de 9 terabits par seconde le 11 mars, une hausse de 12 % par rapport au précédent record de décembre. En France, Iliad (Free), Orange ou Bouygues ont tous assuré que leur réseau était paré. On sera fixé le 24 mars avec le lancement de Disney Plus.