Méfiance et espoir autour du plan numérique français

INTERNET Tour à tour déçus puis enthousiastes, les acteurs du Web veulent y croire...

Alice Antheaume

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Le secrétaire d'Etat au développement à l'Economie numérique, Eric Besson, a présenté lundi les grandes lignes du plan "France Numérique 2012", qui compte 154 mesures et constitue, selon lui, l'"une des réponses à la crise" actuelle.
Le secrétaire d'Etat au développement à l'Economie numérique, Eric Besson, a présenté lundi les grandes lignes du plan "France Numérique 2012", qui compte 154 mesures et constitue, selon lui, l'"une des réponses à la crise" actuelle. — Eric Feferberg AFP

Après l’annonce, lundi, du plan «France numérique 2012», une série de 154 mesures qui visent à combler le retard français en matière de nouvelles technologies, il y a eu une première vague de déceptions. Déceptions qui s’expliquent d’abord par l’absence de Nicolas Sarkozy à l’Elysée au moment de présenter ce plan. Le Président devait prendre lui-même la parole sur ce sujet mais s’est fait remplacer à la dernière minute par Eric Besson, le secrétaire d’Etat au numérique. Sans oublier le second point de méfiance: le manque de moyens investis. C’est le député socialiste Christian Paul qui l’a crié le plus fort, dénonçant «un long catalogue sans moyens, élaboré au terme d'un simulacre de concertation (lors des assises du numérique, ndlr)».
 
Deuxième série de réactions


Néanmoins, quelques heures après le flop autour de la médiatisation du plan, une deuxième vague a jailli, plus enthousiaste. Pour l’association des services Internet communautaires (Asic), qui regroupe les principaux acteurs français du Web, ce plan «vient combler un manque». En effet, «l'Internet français était demandeur depuis de nombreuses années d'une prise de conscience par les pouvoirs publics de l'intérêt du numérique», s'est félicité dans un communiqué Pierre Kosciusko-Morizet, patron du site PriceMinister.
 
>> Zoom sur les mesures phares du plan >>

Et pour cause: la France est à la traîne dans le domaine numérique, avec, notamment, près de 2% de la population (entre un et deux millions de Français) qui ne sont pas connectés à l’Internet haut débit (c’est-à-dire un débit supérieur à 512ko). L’espoir, avec ce plan, c’est que le Web soit désormais considéré en France «comme une opportunité plutôt qu'une menace», comme le rappelle l’Asic.
 
L’une des réponses à la crise?

Alors que la part de l'économie numérique dans le PIB français est de 6%, contre 13% aux Etats-Unis et 17% en Corée, Thierry Solère, le secrétaire national de l’UMP chargé du numérique, précise: «l’économie numérique (télécommunications, audiovisuel, logiciel, services informatiques, services en ligne) représente le secteur le plus dynamique de l’économie mondiale. Dans la plupart des pays développés, son taux de croissance est le double de celui de l’économie. Elle représente désormais plus de 25% de la croissance mondiale. Elle en représentera 30% avant 5 ans.» Selon des économistes cités par Besson, l’élan donné au numérique français pourrait faire gagner un point de croissance au pays.
 
>> Lire aussi: le Web pendu à la crise >>

C’est dire si, en ces temps de tourmente financière, le numérique ne doit pas être négligé. «Ce n’est la réponse à la crise, mais l’une des réponses», a déclaré Eric Besson. «L'économie numérique est une vraie chance pour nos entreprises, quels que soient leur taille, leur spécificité ou leur secteur d'activité, car elle ne concerne pas seulement les secteurs des nouvelles technologies, mais bien l'ensemble de l'économie», a souligné de son côté la présidente du Medef, Laurence Parisot. Pour autant, l’annonce des licenciements chez Yahoo! et Seesmic montrent que les entreprises du Net ne sont pas exemptes des conséquences de la crise financière actuelle.