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Le monde du Web pendu à la crise

Le monde du Web pendu à la crise

INTERNETSeesmic a déjà annoncé des licenciements. Et les autres?
Alice Antheaume

Alice Antheaume

La crise financière va-t-elle faire saigner le monde du Web? Loïc Le Meur a déjà licencié sept personnes du personnel de Seesmic, sa start-up dédiée à la discussion vidéo en direct. Une décision largement commentée sur le Net. «Licencier des gens pour éviter la crise, c'est créer la crise, écrit sur son blog Tristan Nitot, le fondateur et président de Mozilla qui ne prévoit aucun licenciement. C'est parfois nécessaire, j'en conviens, surtout dans un contexte très spéculatif comme pour Seesmic, où il n'y a pas de business model (à ma connaissance) et qu'on construit à crédit une audience qu'on trouvera bien moyen de "monétiser" dans le futur. Mais voilà, du crédit, ma bonne dame, il n'y en a plus.»

La liste des dix


Et le site CNet de prophétiser, en énumérant les dix sites Web qui pourraient couler dans la crise. Ou, plus probablement, être rachetés par des Google ou opérateurs télécoms. Sur cette liste, des mastodontes, comme l’agrégateur de contenus Netvibes, la plate-forme vidéo Dailymotion, Skype, Twitter, le moteur de recherche Ask et le monde en 3D Second Life. Leur popularité ne suffit pas à les sauver, est-il expliqué.


«On n'est pas du tout impacté par la crise» dit à 20minutes.fr Giuseppe De Martino de Dailymotion, une entreprise qui compte 100 employés en France, et 120 dans le monde. On ne se dit pas que l'on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête, d'autant que si les annonceurs vendaient moins à cause de la tourmente, ils feraient plus de publicités. Mais ce que l'on attend, c'est plutôt le plan numérique de Nicolas Sarkozy, repoussé cette semaine. On veut voir si la France prendra la peine d'aider les sociétés comme les autres pour tirer l'économie française vers le haut.»


Même réponse de John Zdanowski, directeur financier de la société californienne Linden Lab, qui a conçu Second Life: on «n'a pas été affecté jusqu'à présent par la tourmente». «En dépit du chaos qui affecte les économies mondiales, les principaux indicateurs de l'économie de Second Life demeurent solides.» Pourtant, la monnaie du monde virtuel, le linden dollar, est bel et bien indexée sur le dollar réel. Mais selon Zdanowski, le taux de conversion est resté stable ces dernières semaines.


Un air de déjà-vu?


Retour de la bulle Internet qui, dans les années 2000, avait fait un carnage? Pour les start-up, la réponse n’est pas toujours la levée de fonds, assure un rédacteur du site Techcrunch: «Je me souviens à l’époque de la Bulle que les sociétés qui ont le plus levé ne sont pas celles qui ont forcément le mieux survécu. Ce sera également le cas aujourd’hui. Personne ne sait encore combien cette crise va durer, mais tout le monde sait déjà que c’est pour un long moment.»


La consommation de produits high-tech


Et si, dans ce contexte morose, on achetait davantage de produits high-tech, comme les PC, les baladeurs numériques ou les consoles de jeux? La crise économique semble pousser les consommateurs à rester chez eux pour jouer avec leurs nouvelles acquisitions, a indiqué l'Association américaine des produits électroniques de grande consommation (CEA). En France, difficile de conclure à une hausse de la consommation de matériel technologique en temps de crise. Selon une étude de Médiamétrie, les Français dépensent en moyenne 2.270 euros par an dans les nouvelles technologies et les médias (presse, cinéma, musique), hors redevance audiovisuelle. Mais la crise va-t-elle booster ce chiffre? «Nous en saurons plus» lors de la prochaine étude qui sera menée au premier semestre 2009, a estimé Médiamétrie.