Macron annonce un investissement de 5 milliards d'euros dans les start-up

INNOVATION Le président français s'est fixé comme objectif de multiplier par deux d'ici 2025 le nombre de «licornes», ces jeunes pousses valorisée à plus d'un milliard d'euros

20 Minutes avec AFP

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Emmanuel Macron a fixé ses objectifs pour les start-up françaises le 17 septembre 2019.
Emmanuel Macron a fixé ses objectifs pour les start-up françaises le 17 septembre 2019. — AFP/POOL

Il est arrivé en retard mais avec le sourire. Les grands investisseurs institutionnels se sont engagés à miser 5 milliards d’euros dans les start-up françaises en croissance, s’est félicité mardi Emmanuel Macron. Il souhaite que la France compte 25 « licornes », champions valant plus d’un milliard, d’ici à 2025, contre moins d’une dizaine aujourd’hui, a-t-il déclaré mardi soir, en préambule au « France Digitale Day », qui se déroule mercredi au musée des arts forains.

L’exécutif a sollicité ces derniers mois les investisseurs institutionnels pour qu’ils musclent leurs efforts dirigés vers les jeunes pousses en croissance, celles qui commencent à réussir et ont besoin d’investissements chiffrés en dizaines, voire en centaines de millions. « Si nous ne construisons pas des champions dans tous les nouveaux segments, le digital, l’intelligence artificielle, nos choix ne seront plus souverains » et seront « dictés par d’autres » a indiqué Emmanuel Macron, allusion à la Chine et aux Etats-Unis.

Des fonds d’investissement encore trop rares

Le gouvernement estime que la France a une carte à jouer pour créer de nombreux emplois dans la tech dans les années à venir. « Aux États-Unis, entre un tiers et la moitié des créations nettes d’emplois sont liées directement ou indirectement à la technologie », alors qu’en France, le ratio est sans doute plus proche de 10 %, répète souvent le secrétaire d’État au numérique Cédric O.

Depuis quelques années, les fonds d’investissement français capables de miser jusqu’à plusieurs millions d’euros dans une start-up se sont multipliés. Mais ceux pouvant mettre sur la table une centaine de millions pour une entreprise prometteuse restent très rares.

En juin, un rapport de Philippe Tibi, ancien président de l’association française des marchés financiers, estimait qu’il faudrait créer en France une dizaine de fonds disposant chacun d’un milliard d’euros d’ici trois ans, pour répondre aux besoins. Faute de trouver des capitaux en France, les jeunes pousses françaises en pleine croissance se tournent souvent vers les fonds d’investissement américains, aux poches plus profondes.

Nasdaq européen

Les experts regrettent également l’absence en France ou en Europe d’un marché boursier très dynamique pour les valeurs technologiques, à l’image du Nasdaq américain. Plusieurs entreprises françaises ou d’origine française ont ainsi choisi ces dernières années de se lancer en Bourse à New York. C’est le cas du spécialiste français de la publicité ciblée Criteo, introduit au Nasdaq en 2013, ou de l’éditeur de logiciels Talend, en 2016.

« La dernière introduction en Bourse d’une entreprise technologique française à plus d’un milliard d’euros [de valorisation], c’est Dassault Systèmes en 1996 », regrettait récemment Cédric O. Une partie des 5 milliards d’investissement annoncés par le président de la République seront donc consacrés à des investissements dirigés vers les entreprises cotées de la tech, pour accélérer la croissance de l’activité boursière dans ce domaine en Europe.

France Digitale Day

Après s’être exprimé devant les entreprises françaises, Emmanuel Macron avait convié à dîner à l’Elysée une quarantaine de représentants de grands investisseurs internationaux. D’autres annonces seront effectuées par l’exécutif mardi soir ou mercredi, à l’occasion du France Digitale Day, un grand rassemblement de start-up et de fonds d’investissement au Musée des Arts forains à Paris.

Le gouvernement dévoilera ainsi la liste des entreprises retenues pour figurer dans le Next 40, regroupant les 40 jeunes pousses les plus prometteuses. Ces entreprises bénéficieront d’une visibilité accrue : elles seront par exemple favorisées pour se joindre aux voyages officiels du président et des responsables gouvernementaux à l’étranger, explique-t-on à l’Elysée.

Le gouvernement va également prendre des mesures destinées à aider les entreprises à trouver les ingénieurs et techniciens dont elles ont besoin. Il estime qu’il y a environ 80.000 postes non pourvus dans le numérique à l’heure actuelle et que ce chiffre pourrait monter à 200.000 dans les prochaines années.