Un ex-cadre de Google passé par Uber inculpé pour vol de secrets industriels

VOITURE AUTONOME Anthony Lewandowski, qui avait été recruté par Uber, a depuis été licencié, alors que les deux entreprises avaient trouvé un accord à l'amiable dans le procès les opposant

P.B. avec AFP

— 

L'ex-cadre de Google Anthony Lewandowski avait rejoint Uber en 2016 avant d'être licencié en 2017.
L'ex-cadre de Google Anthony Lewandowski avait rejoint Uber en 2016 avant d'être licencié en 2017. — Angelo Merendino / AFP

Rebondissement dans la saga Waymo (Google) vs Uber. Anthony Levandowski, un ancien ingénieur de Google, a été inculpé mardi pour avoir volé des secrets de fabrication de Google et les avoirs partagés avec Uber, qui avait racheté sa start-up. Après quatre jours de procès au civil, l’an dernier, Uber et Google avaient trouvé un accord à l’amiable, et Levandowski avait été licencié par le VTC. L’affaire rebondit ici au pénal, avec des charges présentées par le procureur fédéral du district de Californie du Nord.

Uber, qui avait versé 244 millions de dollars en actions à Google, n’est pas poursuivi. L’entreprise a indiqué qu’elle collaborait avec la justice tandis que Google s’est félicité de cette inculpation.

Chute d’un pionnier des voitures autonomes

Levandowski, 39 ans, a travaillé chez Google où il a été l’un des membres fondateurs de l’unité du groupe chargée de développer des voitures autonomes de 2009 à sa démission en 2016. Il est accusé d’avoir emmené dans ses valises une série de documents, notamment les plans du système LiDAR (pour Light Detection And Ranging), une sorte de radar où un laser remplace les ondes électromagnétiques. Il avait ensuite fondé la start-up Otto, qui avait été rachetée par Uber dans la foulée.

« Nous avons tous le droit de quitter notre travail mais aucun d’entre nous n’a le droit de se remplir les poches en sortant. Le vol ce n’est pas de l’innovation », a lancé David Anderson, le procureur fédéral. Les 33 chefs d’accusations sont passibles de 10 ans de prison et de 250.000 dollars d’amendes, plus des éventuels dommages et intérêts.

Pionnier des voitures autonomes, Levandowski avait la réputation de parfois flirter avec la ligne jaune – selon le New Yorker, lorsqu’il était chez Google, il a modifié en douce le software du système embarqué pour laisser les voitures conduire dans des zones interdites. En 2017, il s’était illustré avec une initiative curieuse : il avait fondé une Eglise ayant pour mission de préparer l’avènement du Dieu des machines. Reste à voir si ses prières seront entendues.