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Moins branchés mais beaucoup plus pratiques, les cybercafés s’adaptent à leur clientèle
Cheveux grisonnants et costume trois pièces. Tony, 40 ans, est VRP. Il tapote depuis une demi-heure sur le clavier d’un des 42 ordinateurs du Cybercafé de Paris, rue des Halles. « J’habite Dijon, et je suis toujours en déplacement, explique-t-il, sans lev© 20 minutes
Cheveux grisonnants et costume trois pièces. Tony, 40 ans, est VRP. Il tapote depuis une demi-heure sur le clavier d’un des 42 ordinateurs du Cybercafé de Paris, rue des Halles. « J’habite Dijon, et je suis toujours en déplacement, explique-t-il, sans lever les yeux de l’écran. Dès que je finis mon boulot, je trouve un cyber et je lis mes mails... C’est devenu essentiel pour moi », ajoute-t-il avant d’aller chercher une boisson au distributeur. Comme Tony, chaque jour, des milliers d’internautes investissent les cybercafés de la capitale. Branchouilles et réservés à l’élite urbaine hier, ils sont devenus l’apanage des étudiants, touristes et habitants de quartiers populaires, qui trouvent là un moyen de communication peu coûteux. « Pourtant, personne n’y croyait au début, se souvient Nicolas Jardry, créateur du café Orbital, le premier établissement du genre ouvert à Paris. Quand je parlais de ce projet en 1994, on me riait au nez et les banques refusaient de me faire confiance. » Neuf ans plus tard, les chiffres lui donnent raison : il n’y avait que deux cybercafés en 1995 dans la capitale, on en compte maintenant plus de 110. Mais les derniers établissements créés n’ont plus grand- chose à voir avec les pionniers. Ils sont désormais beaucoup plus cyber que café. Ainsi, beaucoup se résument à de longues salles, éclairées au néon, où sont alignés des dizaines d’ordinateurs. « Ça coûte moins cher à gérer, explique Paul, gérant d’un cyber dans le 18e arrondissement. Les gens viennent lire leurs mails, pas prendre un café. Faire un vrai bar coûte beaucoup d’argent en personnel et en entretien, et il faut aussi payer une licence, ça n’est pas rentable. » Avantages pour le client : il n’est plus obligé de consommer, comme cela se faisait à l’époque, mais surtout, les prix ont baissé, passant d’une dizaine d’euros l’heure de connexion dans les années 1990, à moins de 5 euros aujourd’hui, et même 2 euros dans les enseignes géantes, comme EasyEverything. Et s’ils n’attirent plus le badaud avec des boissons, les gérants de cybers ont trouvé un filon bien plus attractif : la formation au Web. « J’ai appris à surfer dans les cybers, se souvient Sybille, 20 ans. A côté de la fac, pour quelques euros, j’ai eu droit à une mini-formation. Consultation des mails, initiation au Web, conseils, aujourd’hui on ne peut plus vraiment parler de cybercafés mais de véritables espaces numériques.



















