Les «junk news» prospèrent toujours sur les réseaux sociaux

DESINFORMATION Des chercheurs ont montré que Facebook et Twitter regorgeaient toujours de « commentaires extrémistes, sensationnalistes et conspirateurs »... 

H. B. avec AFP

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Réseaux sociaux (illustration)
Réseaux sociaux (illustration) — Pixelkult / Pixabay

Après les fake news, les « junk news »… Malgré une traque sans merci menée par les grands réseaux sociaux, ces informations « de mauvaise qualité », souvent sensationnalistes ou conspirationnistes pullulent plus que jamais sur le web, selon une étude publiée par l’Oxford Internet Institute.

Des chercheurs ont montré que Facebook et Twitter regorgeaient toujours de « commentaires extrémistes, sensationnalistes, conspirateurs », ainsi que de formes d’informations « de mauvaise qualité ». Après l’analyse de 2,5 millions de tweets et de 6.986 pages Facebook sur une période de trente jours, ils ont déterminé que moins de 5 % des sources référencées sur les réseaux sociaux émanaient d’institutions officielles, d’experts ou des candidats eux-mêmes.

L’origine de ces « junk news » indéterminée

« Nous avons découvert que la proportion de « junk news » circulant sur les réseaux sociaux avait augmenté aux Etats-Unis depuis 2016, les utilisateurs partageant une proportion plus importante de junk news que de liens vers des contenus professionnels », indiquent ces chercheurs dans leur rapport. Selon eux, ces informations poubelles, « qui se concentraient auparavant dans la base de soutien au président (Donald) Trump, se diffusent désormais au sein de communautés conservatrices traditionnelles ».

Philip Howard, directeur de l’institut et auteur de cette étude, a précisé que ces travaux n’avaient pas vocation à déterminer la quantité de « junk news » provenant de comptes automatiques, ou « bots », ni si elles étaient pilotées par des entités étrangères. Mais il a souligné que « ce style de production de junk news est probablement d’origine russe ». « C’est ce que les Russes ont utilisé pendant l’élection de 2016 et maintenant il y a des sources nationales qui copient ce style », a-t-il ajouté.

Peu d’efforts pour éradiquer la désinformation

Il a par ailleurs estimé que les efforts de Twitter et Facebook pour éradiquer la désinformation de leurs plateformes n’étaient que du « fignolage » et que « de toute évidence, de petits fignolages ne produisent pas un grand impact ». En réaction, les deux géants d’internet ont critiqué les conclusions et les méthodes utilisées par les chercheurs.

« Nous respectons et nous apprécions les solides études indépendantes, mais nous remettons en question certaines des conclusions » de celle-ci, a indiqué une porte-parole de Twitter. Facebook a quant à lui mis en avant d’autres études suggérant une baisse de la désinformation. « Les conclusions de cette étude ne devraient être considérées comme faisant autorité sur le sujet », a indiqué le premier réseau social au monde dans un communiqué.