Scandale Facebook-Cambridge Analytica: L'audition de Mark Zuckerberg devant le Congrès à revivre

LIVE Le jeune milliardaire va s'expliquer pour la première fois devant les élus américains sur le scandale Cambridge Analytica...

Philippe Berry

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Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, face aux membres de Comité judiciaire du Sénat américain le 10 avril 2018.
Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, face aux membres de Comité judiciaire du Sénat américain le 10 avril 2018. — Alex Brandon/AP/SIPA

L'ESSENTIEL

  • Mark Zuckerberg témoigne pour la première fois, à 14h15 (20h15 heure de Paris), devant une commission du Sénat américain.
  • Il va s'excuser pour une «erreur personnelle» sur le scandale Cambridge Analytica, alors que les données Facebook de 87 millions de personnes ont été siphonnées.
  • Les élus américains sont remontés et pourraient menacer Facebook d'une amende ou de nouveaux garde-fous sur la publicité.

A LIRE AUSSI

LA VIDEO EN DIRECT (en cliquant ici ou ci-dessous)

La synthèse de la journée à lire ici, bonne nuit à tous ou bon réveil.

1h25: C'est terminé après 5 heures

Et Mark Zuckerberg n'a pas beaucoup transpiré. Beaucoup d'imprécisions chez les sénateurs américains. Avec la grande question: vont-ils légiférer pour protéger les données et la vie privée? A suivre, on vous prépare une synthèse asap.

1h15: «Vous dites que je suis propriétaire de mes données mais c'est vous qui gagnez 40 milliards de dollars avec»

Bonne punchline du sénateur Tester.

1h00: On approche de la fin!

Il ne reste plus que 3 ou 4 sénateurs.

0h50 : Certains sénateurs passent leur temps à témoigner

Au lieu de poser une question, certains élus témoignent et Mark Zuckerberg n’a qu’à hocher la tête.

0h35: «Votre charte est NULLE», un sénateur se lâche

C'est l'un des moments marquants de ces 4 heures. Le sénateur John Kennedy dit ce que tout le monde pense tout bas: «Je vais vous dire ça en douceur: YOUR USER AGREEMENT SUCKS [votre charte utilisateurs est nulle] ». «Vous cherchez à couvrir vos fesses, pas à informer vos utilisateurs. Allez voir vos avocats à 1.200 dollars de l'heure et dites leur d'écrire ça en anglais»

 

 

https://twitter.com/ptiberry/status/983835939045691392

0h20: «Vous avez attendu 27 mois et pris la décision de ne pas informer les utilisateurs»

Enfin un peu d'animation. Après quelques passages Bisounours, notamment un sénateur républicain qui a crié son admiration à Mark Zuckerberg, Kamala Harris (démocrate de Californie) appuie où ça fait mal: «Vous avez attendu 27 mois et pris la décision [en décembre 2015] de ne pas informer les utilisateurs. C'est un problème de transparence.» Zucki s'excuse: «Avec le recul, c'était une erreur».

0h05: Point de fack-checking sur les données conservées par Facebook quand un compte est effacé

Selon Mark Zuckerberg, Facebook efface "aussi vite que possible" les données d'un utilisateur qui supprime son compte. Dans la pratique, le réseau peut prendre jusqu'à 90 jours.

0h00: Dernière pause

Allez, il doit rester un petit tiers de sénateurs, donc sans doute encore 1h/1h30. Les gros problème de cette audition, c'est:

1. La plupart des sénateurs n'y connaissent pas grand chose, certains semblent découvrir Internet

2 Chacun pose une question qui n'a rien à voir avec le précédent, donc ça part dans tous les sens pendant quelques minutes et Zuckerberg s'en sort facilement avec un "Je reviendrai vers vous avec les détails" sur les points les plus délicats.

23h50 : Non, Facebook n’espionne pas les smartphones via le micro

« Vous parlez de cette théorie du complot ? », s’amuse le dirigeant. « Non, nous n’écoutons pas les gens ». Il précise toutefois que si quelqu’un diffuse une vidéo sur Facebook Live, l’entreprise prévient l’utilisateur si le son n’est pas activé.

23h45 : Sur Cambridge Analytica, « le système a fonctionné comme prévu mais il était mal conçu »

Comment est-on passé de 270.000 personnes ayant installé une app à 87 millions de profils siphonnés ? Car à l’époque, un développeur avait accès aux données "des amis des amis". « Le système a fonctionné comme prévu mais il était mal conçu », justifie Zuckerberg, qui rappelle l’avoir changé en 2015 (désormais les développeurs n’ont accès qu’au profil de l’utilisateur qui installe l’app).

23h30: Facebook est-il une entreprise technologique ou un éditeur?

Gros débat technique sur la nature de Facebook. Selon Mark Zuckerberg, Facebook est une entreprise technologique car il ne produit par les contenus des utilisateurs, mais le réseau a une responsabilité sur ce qui est publié. Facebook a tout intérêt à défendre ce statut car cela lui permet d'éviter d'être régulé plus étroitement.

23h20: Comment Facebook lutte-t-il contre les publicités discriminatoires?

Le réseau est attaqué car il laissait les annonceurs exclure des catégories entière de population mais Facebook a retiré cette option, assure le dirigeant.

23h10: Zuckerberg pèse sur mots sur la loi européenne GDPR

Est-il favorable à une loi américaine garantissant les mêmes protections sur la vie privée que le réglèrement européen GDPR? Zuckerberg est favorable à «un principe général» demandant explicitement l'autorisation d'un utilisateur avant d'utiliser ses données pour de la publicité ciblée, «mais les détails ont leur importance», tempère-t-il. Il refuse de répondre par un simple oui/non.

23h05 : Débat sur l’addiction aux réseaux sociaux

Zuckerberg reprend les points avancés par Facebook en décembre : selon lui, un usage « actif » des réseaux pour créer du lien avec des amis et des proches est « positif » mais un usage « passif » (juste regarder les contenus postés par les autres) « peut être négatif ».

22h55: Facebook ne scanne pas les messages sur WhatsApp, assure Zuckerberg

Un sénateur s'inquiète: «Si je parle de Black Panther avec un ami sur WhatsApp avec un ami, est-ce que je vais voir de la pub pour Black Panther sur Facebook?» «Non, nous n'avons pas accès au contenu des messages WhatsApp, les messages sont chiffrés», répond Zuckerberg.

22h50 : Débat technique sur qui est propriétaire des données

Selon Zuckerberg, l’utilisateur est propriétaire de ses données car il décide de ce qu’il publie et n’accorde qu’une licence a Facebook pour partager et utiliser cette information. « Mais si nous étions vraiment propriétaires, nous toucherions une partie de vos revenus », répond un sénateur.

22h40: Les limites de la vérification sur les annonces politiques

Facebook vérifie désormais où les annonceurs résident et peut bloquer ceux basés en Russie. «Mais s'ils passent par une société écran basée dans le Delaware, vous ne pouvez pas le détecter, n'est-ce pas?», demande un sénateur. «En effet», concède le CEO.

22h35: We are back

Zuckerberg corrige une de ses réponses (il avait dit que Cambridge Analytica n'était plus sur FB en 2015 quand FB a été mis au courant de l'abus, mais après avoir vérifié avec son équipe, Zuckerberg concède que CA faisait de la pubblicité sur Facebook en 2015).

22h25: Pause pipi

Zuckerberg était partant pour continuer mais les sénateurs veulent une pause de 5 min.

22h15: Mark Zuckerberg mis en difficulté pour la première fois sur Cambridge Analytica

Le sénateur Blumenthal (démocrate) est venu avec une pancarte affichant les conditions d'utilisateurs de l'app du chercheur Alex Kogan, stipulant notamment que les utilisateurs lui donnaient le droit de collecter et de vendre leurs données (ce qui est contraire à la charte de Facebook).

- «Avez-vous vu ces termes?» «Non»

- «Qui était reponsable de vérifier ces termes» "Quelqu'un de notre équipe d'app reviews.

- «Avez-vous viré un employé?» «Non».

Le sénateur avance que selon des témoignages d'anciens employés, Facebook a fermé les yeux sur les abus potentiels et n'avaient pas de ressources suffisantes pour protéger les données des utilisateurs. Il insiste sur la nécessité de voter de nouvelles lois pour rendre les géants du Web responsables en cas d'abus.

 

22h10: «Nous ne vendons pas les informations à des partenaires»

Mark Zuckerberg explique que Facebook cible l'audience pour des annonceurs mais ne leur vend pas les données.

22h00: Mark Zuckerberg défend Messenger Kids

Un sénateur l'attaque sur l'app de messagerie pour les enfants âgésde 6-12 ans. Zuckerberg promet que Facebook ne collecte qu'un "minimum de données" et qu'elles ne sont pas partagées avec des partenaires. Il se dit ouvert à l'idée que toutes ces données soient effacées quand l'enfant atteint l'âge de 13 ans et peut ouvrir un nouveau compte Facebook.

21h50: Zuckerberg n'a «pas le sentiment» d'être en situation de monopole

«Quelle alternative à Facebook le consommateur a-t-il? Etes-vous en position de monopole?», demande le sénateur Lindsey Graham. Zuckerberg répond avec le sourire: «It's not how it feels» («Ce n'est pas mon sentiment») et cite les GAFA et Twitter et les messageries comme source de compétition.

 

21h45 : Facebook collabore avec le procureur Mueller sur l’ingérence russe

« Je ne suis pas sûr que nous ayons reçu une assignation mais nous collaborons avec le procureur », indique Zuckerberg, qui précise qu’il n’a pas été entendu personnellement par Mueller.

21h40 : L’accès aux SMS et appels d’Android est optionnel

Attaqué par un sénateur, Zuckerberg se défend : l’accès aux SMS de l’utilisateur sur Android est optionnel et a lieu uniquement si l’utilisateur choisi l’option «synchroniser» Messenger avec les SMS.

21h30: Zuckerberg a bossé ses dossiers

On est loin du Zucki de 2010. Le jeune milliardaire (presque 34 ans) ne transpire pas, il regarde très peu ses notes. Il sait botter en touche "Je peux revenir vers vous avec les détails".

21h20: Facebook fait des progrès contre la propagande russe, assure Zuckerberg

Il rappelle que Facbeook a fermé 270 comptes du réseau russes RIA récemment et développe des outils d'IA pour détecter les bots. Pour l'instant, Facebook a identifié plusieurs centaines de comptes associés au renseignement russe et fermé «plusieurs dizaines de milliers de comptes suspects».

21h10: Zuckerberg ne semble pas en faveur d'un abonnement payant

Le sénateur Bill Nelson peine un peu avec sa question, mais en substance, il veut savoir s'il est possible de payer afin de supprimer la publicité. «Nous voulons offrir un service gratuit pour toucher des milliards de personnes», se défend Zuckerberg. En clair, le business model ne semble pas près de changer.

Pourtant, à 40 milliards de dollars de CA, cela représente moins de 2 dollars par utilisateur et par mois de revenu. Combien de personnes seraient prêtes à payer 5 dollars par mois pour supprimer la pub?

21h00: Question: Est-ce que d'autres développeurs ont collecté des données de manière illicites?

Zuckerberg est habile, il répond de manière assez vague: «Nous avons ordonné un audit concernant plusieurs dizaines de milliers d'apps». Il affirme également que FB a effectué des vérifications par le passé.

20h55: Mea culpa de Zuckerberg

«C'est mon erreur et je suis désolé», s'excuse Zuckerberg, qui lit ses remarques préliminaires. Il rappelle que Facebook a ordonné un audit sur Cambridge Analytica et tous les autres développeurs.

 

20h50: «Plus personne n'aura de vie privée»

Bill Nelson, le sénateur démocrate de Floride ne veut pas «tourner autour du pôt»: «Si vous ne mettez de l'ordre dans votre business, plus personne n'aura de vie privée».

20h45: Plus de 40 milliards de dollars de chiffre d'affaires, 98% venant de la pub

Le sénateur Grassley met Facebook, Google et Twitter dans le même sac et rappelle que Facebook a généré un CA de plus de 40 milliards de dollars en 2017 et que 98% provient de la publicité. L'or noir, c'est les données personnelles des utilisateurs utilisées pour de la pub ciblée. On rappelle le fameux adage: «Si vous ne payez pas pour un produit, vous êtes le produit»

20h40: Déjà une différence entre les républicains et les démocrates

Thune (républicain) veut parler protection du consommateur et vie privée. Feinstein (démocrate) veut parler de «l'interférence d'une puissance étrangère dans l'élection» et du rôle de Cambridge Analytica dans la campagne de Donald Trump.

20h40: Les sénateurs veulent parler «des abus» de Facebook

C'est l'heure de remarques préliminaires. Le sénateur John Thune (Républicain) veut parler des «abus» de Facebook. «Je ne suis pas sûr que les utilisateurs soient en contrôle de leur données»

20h35: C'est parti

Pression maximale pour Zuckerberg: plus de 40 sénateurs (c'est presque la moitié du Sénat US car il y a plusieurs comités réunis), presque autant de photographes.

 

20h25: zZZZzzzzZZ

Ah Diane Feinstein, la sénatrice de Californie s'installe, ça ne devrait plus tarder.

20h20: Bon, y a du retard

Est-ce de la faute de Zuckerberg ou des sénateurs, on ne sait pas. Combien de temps ça va durer? Mystère, le comité du sénat a fait de la place dans son agenda: l'audition du patron de Facebook est le seul point au programme du jour. Allez, on parie: 3 bonnes heures.

20h00: H-15 min

La pression monte pour Zuckerberg. En public et devant les caméras, le patron de Facebook a toujours été assez awkward (maladroit et mal à l'aise). Mais depuis quelques années, il est quand même beaucoup moins crispé, le media training doit payer.

Devant le Capitole, des manifestants ont découpé des dizaines de silhouettes de Zuckerberg avec la mention «Fix Facebook».

 

Le marathon de Mark Zuckerberg continue. Après avoir rencontré des élus lundi, le patron de Facebook va pour la première fois témoigner devant la commission Comité judiciaire du Sénat des États-Unis. Face à 20 sénateurs (11 républicains et 9 démocrates), le jeune milliardaire va devoir s'expliquer sur sur deux fronts: le scandale Cambridge Analytica et la protection des données des utilisateurs, et la passivité de Facebook face à la propagande venue de Russie pendant l'élection.

Via sa déclaration d'ouverture, publiée lundi, on sait déjà qu'il va s'excuser pour une «erreur personnelle» et promettre que Facebook a retenu la leçon et met désormais le paquet sur la sécurité. Voici les principaux enjeux à surveiller:

  • Les élus vont-ils menacer Facebook d'une amende ou de nouvelles lois pour encadrer la publicité, alors que l'entreprise avait été placée sous surveillance par le gendarme américain du Commerce en 2011 pour 20 ans.
  • Mark Zuckerberg, qui a, par le passé, sué à grosses gouttes devant les caméras, va-t-il être mis en difficulté? Va-t-il griller ses chances en vue d'une éventuelle candidature à la Maison Blanche?
  • Va-t-il reconnaître que Facebook a sciemment mis en place un open bar sur les données personnelles des utilisateurs sans aucune mesure pour les protéger, car c'était bon pour le business model de l'entreprise?