La fronde contre les empreintes digitales et le fichage des déplacements
HIGH-TECH – Tous contre Big Brother...AA
Tous contre Big Brother. En Allemagne comme en France, un vent de révolte souffle de nouveau contre le fichage de données personnelles.
En Allemagne, le Chaos Computer Club (CCC), un groupe de hackers assez connu chez les geeks, menace de publier les empreintes digitales d’Angela Merkel. Pourquoi? Parce que la chancelière soutient un projet de passeports biométriques qui suppose la copie de l’empreinte du majeur des voyageurs dans des bases de données communiquées aux services d’immigration, une pratique qui fait bondir le CCC.
Selon eux, les empreintes digitales ne sont pas une source fiable pour identifier les gens car elles sont trop facile à reproduire. La preuve: le CCC a rédigé un manuel en douze points montrant comment créer de fausses empreintes. «Les données biométriques n’offrent aucune sécurité, elles permettent juste de mieux surveiller les citoyens» et non pas de les protéger, a expliqué Franck Rieger, le porte-parole du Chaos Computer Club.
Un réseau facile à percer
Pour cette association, qui regroupe près de 2.000 hackers, récupérer la trace d’empreintes digitales n’est pas un problème. Même celles de personnalités. Samedi, celles du ministre de l’Intérieur allemand, Wolfgang Schaeuble, autre défenseur de ce passeport, ont déjà été imprimées dans le magazine du Chaos Computer Club après avoir été retrouvé sur un verre d’eau. «On reçoit plein de propositions de personnes disant qu’ils peuvent avoir les empreintes d’un tel, ou d’une telle», a lancé Franck Rieger.
En France, c’est le «Pass Navigo» qui énerve
En France, c’est contre le «Pass Navigo» de la RATP que s’érigent les usagers des transports en commun parisiens. Car dans ce badge, détenu par 1,05 million de voyageurs, se trouve une puce RFID qui permet de suivre en temps réel chaque déplacement. Lundi, un collectif d’anti-Navigo s’est réuni pour protester contre ce fichage et a ouvert les portes du métro de Paris pour faire passer gratuitement les usagers.
Devant la fronde suscitée par cette formule, la RATP, nommée plusieurs fois aux Big Brothers Awards, une cérémonie qui récompense les trouvailles les plus insidieuses, a mis en vente un autre pass, nommé «Découverte». Celui-ci permet de circuler tout en gardant l’anonymat. Sauf qu’il coûte 5 euros de plus que l’autre. Le prix à payer pour ne pas être fiché?



















