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Rédiger un message dithyrambique sur un site pour se faire de la pub, une activité à haut risque?

Rédiger un message dithyrambique sur un site pour se faire de la pub, une activité à haut risque?

INTERNET – Ces boîtes qui se paient de fausses critiques positives...
Alice Antheaume

Alice Antheaume

Les entreprises peuvent-elles écrire sur le Net des messages élogieux sur leurs activités? La question se pose alors qu’aux Etats-Unis, une affaire sur ce thème passe devant la justice.


En effet, le site Realself.com, un forum indépendant où les internautes peuvent débattre de traitements anti-âge et esthétiques, porte plainte contre Lifestyle Lift, une société de chirurgie plastique. La cause de la plainte: Lifestyle Lift aurait payé des internautes pour qu’ils se fassent passer pour des ex-patients et écrivent des critiques positives sur ses services.


En France, on n’a pas encore vu de procédures judiciaires sur des cas semblables, même s’il est arrivé que des marques tentent de se faire de la pub sur des sites de critiques d’utilisateurs, en rédigeant des messages dithyrambiques pour vanter le bon goût de leurs produits ou la chaleur de leurs boutiques.


Les internautes ne s'en laissent pas compter


Du coup, la veille s’est organisée sur les plate-formes communautaires qui recueillent des critiques sur un bar, un salon de coiffure ou un institut de beauté. Sur Qype.fr, un site européen qui permet aux internautes de donner leurs avis sur n’importe quel commerce, le système est rodé pour éviter toute fausse critique. «Un avis pipeau se repère très vite, explique Céline Ruffet, la directrice du site français. Le propriétaire d’un restaurant ne peut pas se mettre d’étoiles ni s’auto-congratuler.» Et s’il prend un pseudo? «Il doit d’abord s’inscrire puis s’identifier avant de rédiger un avis. Or notre équipe surveille particulièrement les nouveaux entrants pour voir quelle est la teneur de leurs propos. Par ailleurs, nos internautes sont nos meilleurs modérateurs.»

Un avis que partage Julien Jacob, le fondateur du site Obiwi, sur son blog. Pour lui, les marques «se font tout de suite démasquer par les internautes.»


«En soi, un message disant “ce restaurant est génial” ne pose pas de problème, s’il est identifié comme de la pub, explique Jean Philippe Hugot, avocat spécialisé en nouvelles technologies. Mais si un internaute a été payé pour l’écrire, par une boîte de marketing par exemple, cela peut devenir de la concurrence déloyale pour d’autres enseignes ou de la publicité trompeuse qui pourrait induire en erreur ceux qui la lisent» pensant que c’est un client lambda qui l’a rédigé. Illégal, donc? «En France, le système de responsabilité civile et de protection des consommateurs pourrait procéder à la condamnation d’une telle pratique», conclut l’avocat.