Le président catalan fait le forcing sur Internet pour son référendum d'autodétermination

ESPAGNE Le parquet de Catalogne a demandé la fermeture d’un site promouvant le référendum d’autodétermination prévu le 1er octobre...

Olivier Philippe-Viela

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Carles Puigdemont, le président catalan, le 13 septembre à Barcelone.
Carles Puigdemont, le président catalan, le 13 septembre à Barcelone. — Toni Albir/EFE/SIPA
  • Un référendum sur l'indépendance de la Catalogne doit se tenir le 1er octobre sans l'aval du pouvoir central.
  • Le président catalan dénonce la suppression par les autorités d'un site web promouvant le scrutin.
  • Deux autres sites sur le référendum catalan ont été lancés en réponse.

Président bravache de la Catalogne depuis janvier 2016, Carles Puigdemont a décidé de jouer la provocation jusqu’au bout contre le gouvernement central d’Espagne. Cet ancien journaliste a promis un « tsunami démocratique » le 1er octobre prochain, jour du référendum d’autodétermination de la Catalogne qu’il veut organiser en passant outre le processus constitutionnel et les menaces de Madrid.

Provocations sur Twitter

Histoire de donner toutes les informations sur la tenue du scrutin aux Catalans, Carles Puigdemont a publié sur Twitter jeudi soir deux nouvelles adresses Web à ce sujet, une avec un nom de domaine catalan, l’autre européen, alors même que la garde civile venait d’annoncer la fermeture d’un précédent site.

Les autorités espagnoles ne rigolent pas du tout avec les vélléités indépendantistes du nouveau pouvoir catalan. Bernard Bessiere, spécialiste du pays, enseignant à l’université Aix-Marseille et auteur d’Espagne : Histoire, société, culture (éd. La Découverte), parle d’une situation inédite qui ressemble à un coup d’Etat : « Le gouvernement catalan a choisi d’aller dans le mur en imposant un référendum totalement illégal vis-à-vis de beaucoup de points de la Constitution, mais également de l’ONU et du tribunal de La Haye. Carles Puigdemont s’est engagé, et maintenant il est prisonnier de cette promesse, c’est une fuite en avant, il ne peut plus dire "on arrête tout". »

Des Catalans pro-indépendance agitent des drapeaux de la région le 11 septembre 2017 à Barcelone, jour de la fête nationale catalane.
Des Catalans pro-indépendance agitent des drapeaux de la région le 11 septembre 2017 à Barcelone, jour de la fête nationale catalane. - NICOLAS CARVALHO OCHOA/SIPA

Les maires catalans menacés d’arrestation

Signe que Madrid ne plaisante pas non plus, outre le site Web fermé, la Cour constitutionnelle a suspendu une loi organisant le référendum, adoptée le 6 septembre par le parlement catalan ; le parquet général d’Espagne a menacé mardi les maires de Catalogne de poursuites s’ils participaient au scrutin (712 édiles sur 948 s’y sont engagés) ; et un juge administratif a fait annuler à Madrid un évènement censé promouvoir le futur référendum.

Sur Twitter, le président de la région autonome a dénoncé ce jeudi, en catalan évidemment, « des fermetures de sites webs pour motifs idéologiques [qui] sont d’un autre temps ».

« On va vers un clash énorme »

Ce référendum va-t-il effectivement se tenir dans deux semaines ? « Mystère », répond Bernard Bessiere. Son résultat est encore plus incertain : selon un sondage daté de juillet de l’Institut gouvernemental catalan, 41,1 % souhaitent l’indépendance, 49,4 % sont contre. Surtout, plus de 70 % des Catalans veulent dans tous les cas la tenue d’un référendum.

« Puigdemont est actuellement sous la pression de deux groupes, la Candidature d’union populaire (CUP) de type gauche anarchiste, et Ensemble pour le Oui (Junts pel Sí), une coalition indépendantiste. Tout le gouvernement catalan risque la prison et il le sait. On va vers un clash énorme, la situation est extrêmement incertaine, personne ne sait ce qu’il va se passer », explique le spécialiste de l’Espagne contemporaine. En attendant le dénouement de cette histoire, d’ici le 1er octobre au plus tard, Carles Puigdemont crâne sur Twitter, alors que les deux nouveaux sites de promotion du référendum pourraient également être suspendus dans les prochains jours.