100 jours de Donald Trump: Pourquoi les tweets présidentiels ne passionnent plus autant les foules

ETATS-UNIS « L’engagement » (le nombre de réponses, de retweets et de « likes ») des tweets du milliardaire a diminué régulièrement pendant ses 100 premiers jours à la Maison Blanche...

M.C.

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Image d'illustration: Donald Trump au téléphone à bord de son avion, l'Air Force One.
Image d'illustration: Donald Trump au téléphone à bord de son avion, l'Air Force One. — S. Craighead/U.S. Navy/SIPA

Ce n’est ni un fait alternatif, ni une fake news, mais une réalité choquante : Donald Trump ne passionne plus autant les foules sur Twitter. Après avoir connu des sommets deux semaines après son investiture, « l’engagement » (le nombre de réponses, de retweets et de « likes ») des tweets présidentiels a régulièrement chuté au cours des 100 premiers jours du 45e président à la Maison Blanche, selon l’agence Huge.

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Dans le même temps, le nombre d’abonnés à @realDonaldTrump a pourtant suivi la trajectoire inverse en passant de 20 à 28 millions, soit une augmentation de 40 %. Alors, par quelle magie ?

Pour Huge, cette dégringolade s’explique en partie par une fréquence de tweets en rade. Au début de son mandat, le milliardaire ultra-connecté envoyait plus de 40 missives bleu ciel par semaine, à un niveau similaire à l’époque de la campagne présidentielle. Après un mois, le compte Twitter du magnat de l’immobilier s’est peu à peu calmé.

Tweets « véner », « calmes » ou « préparés »

Mais cette baisse de régime n’explique pas à elle seule cette chute de popularité : en effet, note l’agence, l’engagement moyen par tweet a aussi baissé de 66 % pendant ces trois mois, tombant de 206.000 « réactions » au début de la présidence à 71.000 ces dernières semaines.

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Pour tenter de percer l’énigme, le site a ressorti les 476 tweets du président depuis le 20 janvier, et a commencé par les classer en trois catégories :

  • « Véner » (« agitated », en VO) : 34 % - Pleins de mots en capitales, de points d’exclamation, une syntaxe douteuse et une tendance à s’étaler sur plusieurs tweets. Ils sont plus nombreux le week-end quand Donald Trump est dans son club de golf en Floride et tôt le matin pendant la semaine.

 

  • « Calmes » : 41 % - Utilisés pour des annonces et des observations « apaisées »

 

  • « Préparés » : 20 % - Similaires aux « calmes » mais visiblement écrits par l’équipe du président plutôt que par lui-même, reconnaissables à leur « grammaire » de pros des réseaux, avec mots-dièse, emojis et mentions « @ ». Ils sont à 90 % postés du lundi au vendredi.

(les 5 % restants sont des retweets)

Sans surprise, ce sont les tweets « véner » qui provoquent le plus d’engagement, et aussi ceux qui se sont raréfiés au cours des trois premiers mois de la présidence : 44 % des tweets de février, 30 % de ceux de mars et 26 % en avril. Le nombre de tweets préparés, en revanche, n’a cessé d’augmenter au point que les courbes se sont croisées :

Les tweets «agités» de Donald Trump ont laissé la place aux tweets «préparés».
Les tweets «agités» de Donald Trump ont laissé la place aux tweets «préparés». - hugeinc.com

 

Pour l’agence Huge, il ne fait aucun doute que l’équipe du président cherche à « diluer » la production personnelle de Donald Trump en multipliant les tweets plus institutionnels. Avec un double effet : une baisse d’engagement, certes, mais le staff de communicants a aussi moins à jouer les pompiers pour éteindre les incendies allumés par les tweets « véner ».