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Il compte offrir une poupée à son fils... et se fait lyncher sur Twitter

Il écrit que son fils veut une poupée pour Noël et récolte un torrent d'insultes homophobes

SEXISMEDans un billet posté sur Facebook, ce père raconte comment il a été la cible d'attaques sexistes et homophobes pour un banal tweet...
Oihana Gabriel

O.G.

C’est ce qu’on pourrait appeler le mauvais esprit de Noël. A dix jours des fêtes, un père de famille a essuyé une cascade de réactions rageuses sur Twitter. Son tort ? Avoir raconté sur le réseau social que son fils de 4 ans n’osait pas demander au père Noël une poupée… parce qu’elle figurait dans les pages roses du catalogue.

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Attaques homophobes

Le post du journaliste Guillaume Champeau semblait banal… mais a déchaîné les passions sur le réseau social. Son tweet, posté le 11 décembre, a jusqu’à maintenant été partagé 2.000 fois et suscité 262 commentaires. Certains encourageants…

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…Et d’autres très violents.

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Au point que Guillaume Champeau s’est fendu d’un long récit sur Médium pour raconter son « Voyage au pays des sexistes et homophobes ». Qu’il a partagé également mardi sur Facebook (en prévenant sa femme de ne pas s’inquiéter).

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Des réactions de « haine pure »

Dans son post, le fondateur de Numerama, site sur l’actualité du numérique, n’exprime aucune colère. Dès le début, il précise : « Avec ma femme, nous ne sommes pas des militants conscients et actifs de l’égalité entre les genres. »

Et Guillaume Champeau de raconter l’histoire de son fils de 4 ans qui, pour la première fois, choisit ses cadeaux de Noël (avec l’aide de son père). « Quand on est arrivé sur les pages en rose avec les poupées et autres jouets réputés “pour fille”, il m’a demandé si c’était pour les filles puisque c’était en rose. » Quelques jours plus tard, le père prend conscience que son fils désirait en réalité cette poupée estampillée « pour filles ».

Après, son tweet, le journaliste décrit un changement brutal de ton dans les commentaires postés sur le réseau social. « Je trouve ça fascinant de voir à quel point, parce que mon tweet a commencé à être vu et commenté par des cercles qui ne sont pas les miens, les commentaires bienveillants du départ ont laissé place à la haine pure, d’une catégorie de personnes machistes, misogynes, homophobes… Sociologiquement, et sur l’effet "bulle filtrante", c’est vraiment épatant à observer. »

Même dans des messages privés, il reçoit quelques conseils pour apprendre à son fils la « virilité ».

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Une illustration intéressante (et un poil inquiétante) des attaques ad hominem que les réseaux sociaux peuvent susciter. Mais aussi du sexisme et de l’homophobie ambiants.

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Le père de famille se dit estomaqué par tant de violence : « N’étant pas homosexuel, je n’ai jamais subi l’homophobie. Mais là, je l’ai vue de mes propres yeux, toutes les minutes ou presque, s’égrainer toute la journée sur mon écran Tweetdeck. J’ai aussi vu à quel point c’était "communautaire" et ça m’inquiète beaucoup. » En regardant de près les commentaires, ce n’est plus vraiment l’auteur du tweet qui se trouve attaqué mais les dialogues nourris d’insultes et de clichés sexistes sont impressionnants de violence.

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Une censure contre-productive

A défaut de pouvoir ou même de vouloir faire taire ces commentaires désobligeants, ce bon connaisseur de la Toile assure dignement dans son billet : « Je ne suis pas pour qu’on censure les imbéciles. J’ai toujours trouvé que la censure était contre-productive et qu’il fallait savoir affronter la réalité des discours, même ceux qui nous déplaisent, pour mieux leur répondre. Mais on a un sacré travail à faire. Par où commencer ? » Bonne question… Son fils de 4 ans en tout cas aura droit à sa poupée pour Noël… et une éducation moins stéréotypée que d’autres.