Des Américaines évoquent sur Twitter leur agression sexuelle pour dénoncer le sexisme de Trump

CULTURE DU VIOL Le candidat républicain fait l’objet d’un énième scandale après la diffusion d’un enregistrement daté de 2005 dans lequel il se vante « d’attraper la chatte » des femmes…

H.S.

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Donald Trump
Donald Trump — CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

La diffusion, vendredi soir, d’un enregistrement daté de 2005 dans lequel Donald Trump, candidat à l’ élection présidentielle américaine, se vante de pouvoir « attraper les chattes » des femmes grâce à sa notoriété, pourrait lui coûter cher. Unanimement dénoncés, par son propre parti et par l’opposition démocrate, ses propos ont heurté des millions de femmes américaines et à travers le monde.

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Dans les heures qui ont suivi la diffusion de la bande compromettante, des internautes ont décidé de partager sur les réseaux sociaux, leurs témoignages d’agressions sexuelles pour dénoncer la banalisation des violences faites aux femmes. Kelly Oxford, auteure canadienne populaire outre-Atlantique, a été la première à poster un message pour démontrer que les agressions sexuelles ne sont pas « seulement » des statistiques mais aussi des histoires personnelles.

Dans son message, la jeune femme incite les autres utilisatrices à en faire de même. « Les filles : tweetez votre première agression (…) je me lance : Un vieil homme dans le bus municipal attrape » ma chatte « en me souriant, j’ai 12 ans », a-t-elle écrit.

Immédiatement, des centaines de femmes ont répondu à l’appel de Kelly Oxford et un mot-clé dédié a été lancé sur Twitter.Intitulé « NotOkay », il référence tous les témoignages de victimes d’agressions sexuelles.

« Je venais de partir de l’université. Je marchais en direction de mon dortoir, j’ai été violée dans une allée. J’avais 18 ans. On m’a dit que je n’avais pas à sortir toute seule la nuit ».

« Violée en première année à l’université. La police m’a dit de 'ne pas mélanger la beauté et l’alcool', c’est la première fois que je raconte ça publiquement ».

« L’entraîneur de foot m’a discrètement peloté pendant qu’il montrait au reste de la classe comment bloquer quelqu’un. J’avais 13 ans ».

« Quand mon professeur de natation m’a tripoté, je l’ai dénoncé. Mes parents ne m’ont pas cru, l’école ne m’a pas cru. Il n’a jamais été puni ».

« La première (et unique) fois que j’ai témoigné, on m’a répondu 'c’est juste la façon dont les hommes parlent' ».

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L’initiative a également suscité l’approbation et les encouragements de nombreux hommes sur Twitter, saluant le « courage » et exprimant tout leur « respect » à l’encontre des participantes.

« Je suis terriblement choqué et en même temps si fier de voir les femmes partager leurs récits d’agression. #notokay est en tête des sujets discutés aux Etats-Unis. Nous ne devons plus avoir honte »

« Voilà la différence entre un homme biologiquement adulte et un homme mature dans sa tête. Le respect à l’égard des femmes »

« Les tweets référencés par #notokay me brisent le cœur. Moi-même père de deux garçons, j’en appelle à tous les papas, élevez une nouvelle génération d’hommes intègres ! »

« Respect incroyable pour toutes ces femmes qui osent parler de ces agressions traumatisantes qu’elles vivent au quotidien, ça demande du courage »

« J’encourage tous les mecs à exprimer leur soutien aux femmes, particulièrement aux victimes d’agressions sexuelles. Dites-le avec moi : #IAmAFeminist #notokay »