Le camp de Donald Trump outré après la divulgation de nouveaux propos vulgaires du candidat

POLEMIQUE Le candidat républicain a dû s'excuser pour des propos de 2005 où il se vante d'imposer son désir aux femmes...

M.B. avec AFP

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Le républicain Donald Trump lors du débat face à Hillary Clinton, le 26 septembre 2016.
Le républicain Donald Trump lors du débat face à Hillary Clinton, le 26 septembre 2016. — AP Photo/Patrick Semansky

Cela risque de lui coûter cher. La campagne de Donald Trump pour la Maison Blanche était secouée comme jamais ce samedi par la diffusion de propos tenus en 2005 et évoquant des comportements proches du harcèlement sexuel.

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« Quand vous êtes une star », les femmes « vous laissent tout faire », « vous pouvez les attraper par la chatte », se vante-t-il dans une vidéo divulguée vendredi par le Washington Post, puis par NBC.

Ces propos ont été immédiatement condamnés par des ténors républicains, notamment l’homme fort du Congrès, Paul Ryan qui s’est dit « écœuré » par ce qu’il avait entendu et rappelant que « les femmes doivent être défendues et admirées, pas traitées comme des objets. » « J’espère que M. Trump traitera cette situation avec le sérieux qu’elle mérite et s’efforcera de démontrer au pays qu’il a plus de respect pour les femmes que cette vidéo ne le suggère », a ajouté Paul Ryan qui a décidé de retirer l’invitation de Donald Trump à un rassemblement samedi sur ses terres.

« Consternation »

Paul Ryan n’est pas le seul républicain à avoir fustigé le candidat à la Maison Blanche. Le président du parti, Reince Priebus, a également témoigné de sa consternation. Pour lui, « aucune femme ne devrait être décrite dans ces termes »

Toute la soirée, les condamnations de ténors se sont succédé, dont Jeb Bush, Mitt Romney, Ted Cruz, Marco Rubio et d’autres élus.

 

Le gouverneur républicain de l’Utah, Gary Herbert, et l’élu du Congrès Jason Chaffetz sont allés plus loin en annonçant qu’ils ne voteraient pas pour Donald Trump, sans aller jusqu’à soutenir Hillary Clinton.

Jusqu’au colistier de Donald Trump, Mike Pence, qui s’est déclaré ce samedi « outré » par les propos du candidat républicain. « En tant qu’époux et père, j’ai été outré par les propos et les actions décrites par Donald Trump dans cette vidéo datant de 11 ans », a indiqué le candidat à la vice-présidence. « Je ne cautionne pas ses déclarations et je ne peux pas les défendre », a-t-il ajouté.

Mais très peu de personnalités républicaines ont appelé au retrait du candidat du scrutin, une éventualité peu réaliste. A l’exception par exemple du sénateur de l’Illinois pour qui Donald Trump « devrait abandonner » et être remplacé.

Face à ces révélations et à la déferlante de réactions, Donald Trump a été contraint de publier des excuses par communiqué puis dans un message vidéo diffusé au milieu de la nuit.

Pas sûr que cela soit suffisant pour éteindre l’incendie à 48 heures du deuxième débat pour la présidentielle entre Donald Trump et Hillary Clinton. « Cette vidéo est un couteau planté dans le cœur de Trump, au débat, il est certain qu’on va lui poser la question », prédit Larry Sabato, politologue de l’Université de Virginie. « Trump ne perdra aucune voix au sein de sa base électorale, ils s’en fichent », dit cet expert. « Mais Trump ne parviendra pas à élargir sa base de soutien ».

Le candidat républicain n’a, quoi qu’il en soit, pas l’intention de jeter l’éponge. « Jamais au grand jamais je n’abandonnerai », a-t-il assuré au Wall Street Journal, en démentant toute crise dans sa course vers la Maison Blanche. Il y a « zéro chance que j’abandonne » ma campagne présidentielle.